Ca faisait longtemps que j’avais envie de coudre un patron de la marque Chez machine. J’ai donc cousu le Teesh Alicia que je vous ai présenté récemment puis j’ai cousu ce manteau qui me faisait de l’oeil !

Ce patron fait partie de la dernière collection de Chez Machine. Je l’ai acheté au format pochette au salon Créations & savoir-faire au prix de 17€, ce que je trouve très raisonnable au regard du packaging et de ses deux planches patrons imprimées en couleurs.

Voici la description faite par la créatrice : « Michel est un manteau aux épaules tombantes et froncées sur le devant, ses finitions sportswear avec un col et des poignets en bord-côtes lui donne un air faussement masculin. C’est dans sa forme légèrement boule et qui sort un peu des sentiers battus que Michel assumera sa part de féminité en harmonisant toutes les formes. Avec un jean ou une jupe, une robe ou un short mais toujours avec des baskets aux pieds ! »
Le schéma technique :

Pour info les valeurs de coutures sont incluses au patron et je trouve ça fort appréciable. Le fait que les deux planches soient imprimées en couleurs, c’est également un vrai plus ! Je précise que les pièces tissu extérieur et doublure sont toutes bien distinctes, aucune ne se chevauche. C’est fabuleux, j’applaudis !

Clairement, le style de ce manteau me plaisait beaucoup. Le fait d’associer du bord-côte à un lainage m’a en effet beaucoup plu !

Le tissu que j’ai choisi est un lainage 100% laine (19€90 le mètre) qui m’a été offert par mes parents à Noël et que j’ai trouvé chez Diffus’Laine tissus (Saint-Nazaire). Pour les finitions au bord-côte, j’ai finalement décidé d’opter pour du jersey milano qui a un bon maintien. J’avais en effet au préalable choisi du bord côte pailleté mais je me suis dit que ça allait être too much…

Pour lui donner davantage de tenue (je trouvais ce lainage trop mou), j’ai décidé de l’entoiler intégralement. Pour info, j’ai utilisé de l’entoilage thermolaine tissé que j’ai trouvé chez Fil 2000. Si ça vous intéresse, j’en parle ici.

Le patron est proposé de la taille 32 à 56. J’aurais pu choisir de coude la taille 36 qui correspond à mon tour de poitrine mais j’avais peur d’être un peu juste niveau des hanches. J’ai donc fait un compromis et décidé de coudre intégralement la taille 38 puisque le tableau des mesures finies du vêtement me permettait de voir que j’aurais suffisamment d’aisance au niveau du bassin. Au final la coupe est ample, voire oversize et puis je trouve que les épaules tombantes accentuent ce point. Bref, j’aurais dû coudre la taille 36 car là je me sens un peu engloutie…

Au premier essayage, c’est à dire avant la pose de la doublure, je me suis rendu compte que la coupe « boule » de ce manteau n’était vraiment pas seyante sur moi, ça donnait un aspect bouteille d’orangina, ce n’était vraiment pas très flatteur…

En plus de ça, le tissu avait tendance à se replier sur lui-même et à former un creux plutôt qu’une bosse. C’était donc assez inesthétique… Peut-être mon tissu manquait-il un peu de tenue… Et puis c’était avant la pose de la doublure. Le problème aurait peut-être été réglé par celle-ci…

Dans le doute, ce creux ou cette bosse ne me plaisant de toute façon pas, j’ai donc décidé de raboter de plusieurs centimètres la ligne des côtés pour au final obtenir une ligne droite plutôt qu’une ligne courbe. Pour ce faire, voici en images comment j’ai procédé. C’est une méthode qui n’est pas forcément académique, mais elle a le mérite d’être rapide et efficace.

J’ai tracé la future ligne de couture sur mon manteau. Une fois la couture effectuée, j’ai découpé à 1 cm de cette ligne.

J’ai ensuite placé le surplus de tissu que j’ai coupé sur mon patron, bien bord à bord :

Et j’ai tracé, à main levée, la nouvelle ligne sur mon patron :

J’ai ensuite retracé correctement ma nouvelle ligne/courbe, en veillant à ce qu’elle soit harmonieuse et en respectant aussi les platitudes (emmanchures et bas de manteau) :

La ligne des côtés du devant et du dos étant identique, j’ai placé mes deux pièces de patron l’une sur l’autre et j’ai découpé mon surplus de matière :

Et voici le résultat final, que je préfère nettement  : la coupe boule est devenue une coupe droite.

Le patron ne prévoit pas de poches extérieures et je trouve ça un peu dommage. J’en ai donc rajouté en cousant des poches passepoilées. J’ai utilisé le même jersey que celui du col et des poignets. La seule chose, c’est que j’ai préféré l’entoiler pour éviter qu’il ne se déforme à l’usage.

Le niveau annoncé est de 4/5, ce que je confirme puisqu’il y a au moins deux techniques qui demandent tout de même des connaissances : la bande d’encolure incrustée et la doublure à assembler. Le livret d’explications a été suffisamment clair pour moi mais pour d’autres, cela peut être un peu juste.

Parlons de cette fameuse bande d’encolure. C’est à mon sens toute le charme et l’originalité de ce modèle.

Clairement ça n’a pas été simple à assembler. Il faut en effet gérer cette bande d’encolure incrustée en tenant compte du zip ! Pas évident donc…
La technique est cependant toujours la même, il faut cranter au bon endroit pour obtenir un bel angle. Si vous n’avez jamais cousu ce genre de détail technique, je vous invite à lire cet article. Le cahier d’instructions manque d’explications et d’illustrations pour celles et ceux qui n’ont jamais cousu ce genre de point technique.

Perso, j’ai assemblé cette bande pliée en deux alors que le cahier technique préconise de la coudre dépliée. Ma bande est ainsi prise en sandwich entre le tissu extérieur et la parementure : elle est bien fixée et ne nécessite ainsi pas de glaçage.

Au passage, remarquez ma petite étiquette !

Comme annoncé plus haut, les épaules sont tombantes et les épaules devant sont froncées.

Ces fronces, ce n’est pas ce qu’il y a de plus esthétique, surtout sur du lainage car ça crée un excédent de matière, une sorte de boursouflure sur moi. Bref, j’aurais dû retirer ces fronces sur le patronage.

Vous verrez que sur la doublure, ces fronces sont remplacées par un pli creux, ce qui est bien pensé.

Puisqu’on est dans la doublure… Restons-y ! Voici l’intérieur du monteau : les finitions proposées sont soignées. La façon de faire est tout à fait académique, j’aime beaucoup cette technique.

On retrouve le pli d’aisance au milieu dos et au niveau du bas de la doublure, des parementures devant & dos ainsi que des parementures d’ourlet pour le bas du manteau. Le concept est assez similaire au patron de la veste Michelle. Je vous conseille donc vivement d’aller voir le tuto photos de République du chiffon qui vous explique pas à pas comment coudre la doublure !

Voici la gestion du bas de la doublure avec le pli d’aisance et la parementure.

Le résultat :

Pour retourner le manteau sur l’endroit, une ouverture est laissée dans la doublure d’une manche :

Le patron propose de coudre deux poches plaquées. Je n’en ai cousu qu’une.

Pour le bas des manches, la finition proposée est celle du bord-côte. Le cahier technique propose deux façons de faire. J’ai opté pour la plus soignée des deux : les poignets sont donc pris en sandwich entre le tissu extérieur et la doublure :

A noter que pour le corps j’ai pris une cotonnade (Eurotissus, 6€90 le mètre) et pour les manches une doublure satin :

Vous remarquerez que les manches longues sont trèèèèèèèès longues (et pourtant j’ai des bras un peu plus longs que la moyenne). J’aurais pu les raccourcir c’est sûr… je le ferai peut-être plus tard (là tout de suite je n’en ai pas le courage…).

Pour info, j’ai raccourci la longueur des poignets de manche de 4 cm.

La veste se ferme au milieu devant par un zip. Je n’avais pas dans mon stock la bonne taille de fermeture éclair mais je me suis dit tant pis, ça ira quand-même… J’aurais également pu raccourcir mon zip en ôtant quelques maillons mais je dois bien avouer que j’avais un peu la flemme. Au final, ce n’est pas choquant mais c’est vrai que ça aurait été un peu plus esthétique si mon zip avait été un peu plus court…

Voilà pour ce manteau de mi-saison ! A bientôt !