Mon patron de pantalon fétiche, à n’en pas douter, c’est le Ginger Jeans de Closet case patterns : une valeur sûre !

Je porte quasi au quotidien un jean, c’est donc vraiment la pièce maîtresse de ma garde-robe ! Ce patron de jean, c’est la 3ème fois que je le réalise, il me sied parfaitement et les instructions de montage sont des plus explicites.
Ce qui est assez amusant, c’est que j’ai à chaque fois cousu mes jeans durant les périodes des fêtes de Noël. La date du 31 décembre est ainsi associée à chacun de mes trois jeans !

Le premier jean que j’ai cousu date de 2015, il y a donc 5 ans et je le porte toujours chaque semaine, bien qu’il soit un peu usé ! J’avais à l’époque rédigé un article pour coudre les principales étapes de ce jean. Pour ce premier jean, j’avais opté pour des surpiqûres contrastantes, métallisées :

Le deuxième, cousu en 2018, est plutôt un jean de printemps/été du fait du tissu choisi qui est un denim plutôt fin et de couleur un peu plus claire. Côté surpiqûres, j’avais utilisé du fil noir. C’est plus discret et j’aime bien.

Enfin, le troisième, cousu donc à Noël dernier, est réalisé dans un denim plutôt épais couleur brut (acheté aux coupons de Saint-pierre 15€ ou 20€ les 3 mètres, je ne sais plus…) et avec des surpiqûres contrastantes, histoire de respecter tous les codes du jean traditionnel ! J’ai ainsi utilisé un fil plus épais spécial denim, de couleur ocre que j’ai acheté sur le site de Rascol. Un fil de qualité (marque Gütterman) que je vous recommande grandement !

Closet case patterns propose plusieurs coupes de jeans. J’ai pour ma part choisi le « Ginger skinny » qui est proposé en deux versions : taille haute ou taille basse. J’ai choisi de coudre à nouveau la taille basse, soit la version A :

Et puis est sorti, en 2016, une extension du patron pour obtenir un jean avec jambes évasées, in english on dit « flare » ou encore « boot-cut ». J’ai longtemps hésité à acheter ce supplément car je trouvais le prix relativement élevé… Et puis il y a eu une promo lors du black friday dernier, alors je n’ai pas résisté. Je l’ai ainsi acheté $6,40 (soit 6,07€) au lieu de $8 . Je précise que le patron de base du Ginger est indispensable pour coudre cette version jambes évasées. Là aussi, le jean est proposé en deux versions : tailles haute ou taille basse (j’ai à nouveau choisi la version A / taille basse) :

A l’ouverture du fichier PDF, j’ai tout de suite compris pourquoi le prix était si élevé. En fait le prix est totalement justifié car il y a eu un sacré travail de re-patronage au niveau des jambes : elles ont été totalement revues pour obtenir un jean à la coupe parfaite !

D’ailleurs, il parait que c’est la coupe idéale pour les morphologies en A !

La longueur d’entrejambes de cette version est plus longue que pour la version du Ginger traditionnelle : 88 cm, histoire d’allonger la silhouette. Je vous précise tout de suite que j’ai raccourci les jambes de 12 cm : 7 cm de plus que le Ginger de base. Sauf que moi, je ne voulais pas porter ce jean avec de hauts talons… Et puis, j’ai beau mesurer 1m68, j’ai un grand buste et des petites jambes ! Pour ne pas trop déstabiliser le patronage, j’ai donc retiré 5 cm au niveau des genoux et 7 cm au niveau du bas. Résultat, j’ai perdu un peu d’évasement mais c’est tant mieux car sinon ça aurait trop fait années 70 !

Je ne vais pas revenir sur la partie pure réalisation, car j’en ai déjà parlé ici et puis sachez qu’il y a un sew-along richement illustré (en anglais) qui est proposé sur le site de Closet case patterns.

Une vidéo pas à pas (en français) est également en ligne sur la chaine Youtube de Et pourquoi pas Roseberry ! Bref, vous avez tous les éléments pour réussir à coudre votre jean !

J’aime beaucoup la méthode de Closet Case qui est utilisée pour coudre la braguette. Cette technique est pour la moi la meilleure de toutes celles que je connais ! Malgré tout, j’ai fait un peu d’excès de zèle car j’ai eu quelques sueurs froides pour réaliser cette fameuse braguette ! J’ai dû la réaliser trois fois !!! Oui, oui…

1/ Grosse erreur d’inattention dès le départ : j’ai fait mes surpiqûres sur toutes les épaisseurs si bien que je ne pouvais carrément plus du tout ouvrir la braguette… Je découds donc la double surpiqûre et je me rends compte que visuellement ça fait bizarre de ne pas avoir ces surpiqûres :

Sur l’envers, ça donnait ça :

Avec un biais noir en guise de finition au niveau du sous-pont :

2/ Je me dis, c’est pas grave… Alors, je découds tout et je recommence… Et là les surpiqûres ne me plaisaient que moyennement. Je me suis donc dit « peut mieux faire, refais ! ». Alors, armée de mon découd-vite, je retire à nouveau certaines surpiqûres et… ce qui devait arriver arriva : je fais un terrible trou bien visible en plein milieu devant, oh la la !!! Je vous passe le stade d’énervement, de découragement et de désespoir… nous étions le 31 décembre…
Je n’ai pas pris de photos mais vous pouvez voir en vidéo la catastrophe car j’en parle dans mon dernier podcast

3/ « Hauts les cœurs » comme on dit ! Je suis allée faire un tour, histoire de m’aérer l’esprit et de me remettre de mes émotions puis au retour (tout est relatif, hein !), j’ai décidé de recoudre intégralement la jambe gauche. Dans mon « malheur », il me restait juste de quoi recouper une jambe dans les chutes de mon tissu, ouf !!! Alors ma 3ème tentative n’est pas forcément la meilleure car le zip n’est pas suffisamment décalé (le curseur est donc un peu visible) mais comme on dit, « le mieux est l’ennemi du bien » !
Bref… Ci-dessous, le pantalon est en cours d’assemblage (la 3ème fois c’est la bonne !). On voit bien le zip de la braguette qui dépasse…

De plus près… Cette fois, j’opte pour un biais fleuri en guise de finition du sous-pont :

Le dos est également cousu :

Avouons-le, on est bien content quand l’étape de la braguette est finie. Il y a toujours une petite appréhension mais ça se fait tout de même très bien si (et seulement si !) on respecte scrupuleusement les instructions de montage…

Voici mon pantalon et sa braguette, dans sa version finale :

Voici ce que ça donne sur l’intérieur :

J’ai donc ajouté un biais en guise de finition pour le sous-pont :

Le bouton qui ferme le pantalon est un bouton très facile à fixer (grâce à la pince Prym). Je les ai achetés sur Amazon durant les grèves RATP de décembre dernier.

Pas de fioritures pour les poches plaquées, j’ai fait au plus simple…

Comme pour mon premier jean, j’ai modifié la ceinture du pantalon pour que ça s’adapte bien à ma cambrure : j’ai ainsi retiré 6 cm !

La ceinture, l’empiècement, les passants, les surpiqûres :

Les surpiqûres de la ceinture commencent et se terminent au milieu dos : les points d’arrêt sont donc cachés sous le passant :

Voici le jean porté vu de dos :

Question rivets, ce sont toujours les mêmes : rivets de la marque Prym fixés avec la pince Prym !

Les poches italiennes, incontournables pour un jean !

Il y a également la 5ème poche qu’on appelle la poche gousset :

Voici la poche vue sur l’envers du pantalon :

La poche est simplement surjetée :

Puisqu’on est sur l’envers, restons-y :

Quelques conseil au passage…
– J’ai utilisé une aiguille spécial Jean (ici taille 100). Je vous recommande la marque Schmetz.
– J’ai utilisé une cale pour mieux gérer les épaisseurs. On la trouve dans les fournitures quand vous achetez votre machine à coudre :

Sans cale : le pied de biche n’est pas à plat, il est incliné :

Avec cale : le pied est bien à plat :

En ce qui concerne les surpiqûres, elles sont nombreuses sur ce jean ! J’ai opté pour un fil contrastant, ce qui demande, vous vous en doutez bien plus de minutie…

J’ai utilisé un pied de biche avec guide. Chez Pfaff, c’est le pied « surpiqûre près du bord avec IDT ». (Christelle Beneytout en parle sur sont compte Instagram).

Je l’utilise aussi pour coudre dans le sillon de la couture (très pratique !) :

J’ai donc utilisé un fil plus épais pour les surpiqûres : un fil spécial denim, de couleur ocre que j’ai acheté sur le site de Rascol. Je précise que j’ai utilisé un fil normal pour la canette.

Quelques réglages ont toutefois été nécessaires pour utiliser ce fil : moi qui ne touche jamais à la tension du fil (réglage automatique sur ma machine Pfaff) j’ai tout de même dû augmenter la tension du fil supérieur (5 sur ma machine) et allonger le point (3,5 sur ma machine). Je ne peux que vous encourager à faire des tests au préalable car ça dépend du tissu choisi mais aussi de votre machine à coudre.

Question ourlets, il ne s’agit pas là d’un ourlet traditionnel car ici la valeur d’ourlet est de 3,7 cm (moi j’ai fait 3,5 cm !)

Et voilà pour ce Jean ! Je veux absolument coudre le prochain dans un jean/gabardine noire mais je peine à trouver le tissu idéal…