Coup de cœur absolu pour ce modèle Burda !

D’habitude, je sélectionne un patron puis je choisis le tissu. Là ce fut l’inverse, je suis partie du tissu pour choisir ensuite un patron. J’avais donc dans mon stock cette gabardine de coton de couleur kaki achetée chez Modes & Travaux (Coupons de Saint-Pierre) : 15€ les 3m.

Autre critère, je voulais absolument coudre un patron Burda puisque, comme vous le savez, je participe tous les mois au défi lancé par Zélie Décousue. Pour ce faire je suis allée sur le compte Pinterest de Mérine qui propose une bonne sélection de patrons Burda classés par catégorie. Comme il s’agit d’un tissu de type gabardine, je suis allée voir la catégorie manteaux et mon choix s’est de suite arrêté sur le modèle 103 du magazine Burda de février 2017 que j’avais en ma possession et dont voici le schéma technique :

Un trench de printemps mi-long avec col tailleur cintré à la taille & poches prises dans la couture. Le hasard faisant bien les choses, le modèle présenté par Burda est de couleur kaki ! J’ai donc cousu la copie presque conforme !

Je dis presque parce qu’en fait mon tissu est tout même plus épais que le lin du modèle et surtout parce que j’ai rétréci la longueur du trench de 23 cm pour que celui-ci m’arrive au-dessus des genoux. En tout cas j’aime beaucoup la coupe élégante et féminine de ce trench qui souligne la taille !

Le lien de Mérine nous renvoie à un site russe. Outre le fait qu’il y a plein de fenêtres publicitaires, je trouve ce site hyper intéressant car on y voit plusieurs réalisations du patron par différentes personnes. Ca permet ainsi de mieux se rendre compte du rendu selon les morphologies et de mieux apprécier les difficultés techniques du modèle. Alors évidemment, je ne parle par un mot de russe mais heureusement Google traduction est à là pour jouer le traducteur ! J’utilise aussi DeepL Traducteur qui je trouve traduit mieux que Google… A nouveau merci à Thread & Needle pour cet outil bien pratique !

C’est au moment où j’écris cet article que je me suis rappelé que Sophie avait elle aussi cousu ce trench ! Elle propose même un tuto pour assembler le col et les parementures ! Sa version en lin est absolument superbe !

Le patron est proposé du 36 au 44. J’ai intégralement cousu la taille 36 et je suis très contente du fit/seyant.

Comme vous le savez, les valeurs de couture ne sont pas incluses chez Burda. J’ai donc opté pour des marges de 1 cm et 4 cm comme valeur d’ourlet (manches + bas du trench).

Côté difficulté, le magazine indique un niveau 3/4, ce que je confirme car la difficulté essentielle réside dans le col tailleur. Les explications, je les ai trouvées peu accessibles, j’ai donc préféré coudre ce trench comme j’en avais envie.

En soi, le trench s’assemble aisément : les différentes pièces du patron s’assemblent comme un puzzle. Il y a ainsi plusieurs découpes et empiècements devant et dos. Pour les mettre un peu plus en valeur, j’ai tout surpiqué.

J’aime beaucoup la coupe cintrée à la taille de ce trench, c’est parfait pour les morphologie en A.

Des plis devant et dos viennent resserrer la taille, c’est un détail que j’ai bien aimé. Il sont cachés sous les ceintures :

Les ceintures sont prises dans les découpes du dos et viennent se fixer au devant par des boutons :

Les manches sont des manches tailleur, donc en deux parties.

La manche à plat, avant assemblage :

J’ai préformé au fer les ourlets, ce qui facilite les choses par la suite… je vous conseille aussi de coudre le bouton sur la patte dès maintenant !

J’aime beaucoup ce détail de patte boutonnée en bas de la manche :

Pas de difficulté particulière si ce n’est que j’ai trouvé qu’il y avait pas mal d’embu à gérer au niveau de la tête de manche. Si vous cousez ce trench, je vous conseille donc revoir l’embu de la tête de manche

Le patron propose des poches prises dans les coutures de côté, ce que j’ai fait.

Vue sur l’intérieur :

Parlons à présent du col tailleur :

Le patronage a été simplifié, vous n’avez par conséquent pas à gérer d’angle car les pièces (col et encolure) ont été arrondies. Détail non négligeable !

Pour réussir ce col, il faut évidemment être minutieux et coudre avec précision depuis le cran, notamment ici le cran 6, symbolisé ici par une croix.

L’assemblage du col sur le bord d’encolure de la parementure et de l’empiècement intérieur  :

Il convient d’ouvrir les couture / presser au fer les marges de couture et les cranter si besoin :

On fait exactement la même chose pour assembler le col sur l’encolure de la partie extérieure :

On vient ensuite assembler endroit contre endroit la partie intérieure sur la partie extérieure : on épingle donc les bords extérieurs des cols, idem pour les bords des revers :

Puis on pique avec précision d’un cran à l’autre, en deux temps. C’est difficile à montrer, j’en conviens…

Une fois les bords assemblés, dégarnis, crantés, retournés puis pressés au fer, il convient de fixer le dessus et le dessous de col par une piqûre au niveau des marges de couture du col (marges qu’on a précédemment ouvertes au fer) :

Ce col Tailleur, y’a pas à dire, c’est ce qui donne tout le charme à ce trench !

Ce trench n’étant pas doublé, il est donc proposé de ganser toutes les coutures d’assemblage au biais. Perso, j’ai préféré tout surfiler. Une fois fini, je trouvais que les finitions intérieures étaient vraiment moyennes : beaucoup trop de découpes et donc de marges de couture surfilées, idem pour les poches… Non vraiment ce n’était pas des plus esthétiques. J’ai donc décidé d’ajouter une doublure à ce trench et j’ai bien fait ! Je me suis amusée à porter la veste à l’envers, histoire que vous vous rendiez mieux compte de ce que ça donne :

Je préfère nettement le résultat, la doublure cache ainsi toutes ces coutures d’assemblage et surtout les poches.

J’ai laissé une ouverture dans la l’une des manches, histoire de pouvoir ensuite retourner la veste sur l’endroit :

Pour ce faire, j’ai repris les parementures et les autres pièces du patron. J’ai redessiné la pièce devant pour qu’elle vienne s’assembler correctement avec la parementure. Je n’ai pas ajouté de pli d’aisance au milieu dos. J’ai tout simplement préféré ne pas coudre les plis devant et dos. Ce qui permet une aisance tout à fait suffisante (voir même un peu trop). En ce qui concerne l’ourlet de mes pièces en doublure, je n’ai ajouté qu’1 cm puisque la valeur d’ourlet du bas des manches et du bas de ma veste était de 4 cm. Ce qui me fait au final un pli d’aisance de 2cm. Je n’ai pas ici pressé au fer le pli d’aisance, une de mes profs m’avaient un jour dit qu’il fallait laisser vivre la doublure et qu’elle se positionnerait toute seule avec le temps…

Je précise que j’ai, avant de doubler la veste et de tout retourner sur l’endroit, bagué la parementure devant et les ourlets, histoire que tout reste bien en place.

Voici un zoom sur la gestion de la doublure au niveau du bas de la veste, de l’ourlet et de la parementure :

Pour les boutons, j’ai pris ce que j’avais dans mon stock, ce n’est donc pas topissime mais tant pis… Là aussi, je vous conseille (c’était même obligatoire dans mon cas) de coudre la boutonnière avant de fixer la ceinture !

Voilà pour ce défi Burda que je suis ravie d’avoir relevé ! Allons voir à présent ce qu’ont cousu les autres couturières du défi !