Voici ma version de Cardan, l’un des derniers patrons de la marque Damn good caramel. Patron que j’ai cousu en juillet dernier, en pleine chaleur estivale…

Voici la description de ce patron, le blouson Cardan, par sa créatrice : « Blouson motard en simili cuir, fermé par une fermeture éclair, avec des empiècements décoratifs aux épaules, un col montant, et des poignets et une ceinture élastiqués. »
Voici le schéma technique :

Ma version :

Ce patron est proposé au format PDF (formats A4 et A0) au prix de 10€. J’ai profité d’une promotion Makerist où la plupart les patrons étaient à 2€. Ce tarif est fou, je me demande comment les créateurs peuvent s’y retrouver avec des prix aussi bas…

On assemble et on scotche les feuilles bord à bord, pas besoin de découper = gain de temps fort appréciable ! J’ai trouvé la planche patron très claire et très bien conçue. Le fait de pouvoir sélectionner le calque de sa taille est un vrai plus ! Autre point positif, les marges de couture sont comprises et elles sont de 1,5 cm. Perso, je préfère des valeurs de 1 cm mais je ne vais pas chipoter.

En revanche, ce qui m’a gênée, ce sont les repères et autres crans qui ne sont pas placés, comme d’habitude, au bord du tracé. En soi, ce n’est pas bien grave, il suffit de prolonger et de tracer un trait…

Le patron est proposé de la taille 36 à 44. J’ai opté pour la taille 36. Un tableau des mesures finies du vêtement permet de se rendre compte de l’aisance apportée au blouson. La coupe se veut ample tant au niveau des bras que du corps et ça me convient tout à fait. Les manches sont vraiment très très larges, ce qui permet de porter aisément en dessous un gros pull !

Cette veste, je l’aime tellement que j’ai décidé d’y ajouter mon étiquette :

Parlons à présent tissus. A l’origine, ce patron a été conçu pour coudre un blouson en simili cuir mais la créatrice précise qu’on peut tout à fait le coudre dans un autre tissus comme le sergé, le velours milleraies, le denim, le lainage, le jacquard…. Perso, un blouson en simili cuir, ce n’est pas du tout mon style. J’ai donc opté pour Jacquard de laine satiné noir graphique que j’ai trouvé chez les coupons de Saint-Pierre. Ce coupon de 3 mètres était en promotion (22,80 € au lieu de 30 €), je n’ai donc pas hésité d’autant plus que j’aimais beaucoup la texture de ce tissu avec ce fil métallisé ! Je précise que comme j’ai cousu cette veste dans ce tissu, j’ai donc entoilé les parementures, le col et les entrées de poche, histoire de renforcer ces parties et d’obtenir un meilleur maintien.

Dans les chutes de ce tissu, vous l’avez vu précédemment, j’ai cousu le sac Arénas de Pauline-Alice :

Côté doublure, j’ai choisi une cotonnade de mon stock qui avait également été utilisée pour coudre la blouse Antigone d’Urban Fairy.

Pour la partie manches, j’ai utilisé une doublure classique, histoire de pouvoir y glisser aisément les bras :

Pour les empiècements épaule, j’ai utilisé des chutes de suédine de mon stock. je n’en avais hélas pas assez pour le col, les poignets de manche et la bande de taille…

Pour info, le livret propose de réaliser des surpiqûres parallèles au niveau de ces empiècements mais je ne les ai pas faites. Idem pour le col.

J’ai réussi à optimiser au mieux ces chutes de suédine en ajoutant des bandes rectangulaires sur la couture des côtés (non prévu dans le patron) :

Ce sont de simple appliqués que j’ai surpiqués une fois l’assemblage des côtés effectués et avant la pose de la ceinture élastiquée et des manches sur les emmanchures.

J’aime beaucoup le col montant (qui monte très haut), frileuse que je suis…

Il aurait été bien de maintenir les valeurs de couture du col ensemble (tissu extérieur/doublure) pour éviter à celui-ci de se désolidariser. Les deux pièces sont en effet cousues séparément, l’une sur le tissu extérieur, l’autre sur la doublure.

La veste est fermée au milieu devant par un zip :

Et il y a trois poches passepoilées zippées extérieures dont une sur la manche.

Côté manche :

Dans la liste des fournitures, il est demandé une fermeture éclair séparable de 66 cm pour fermer la veste au devant et des zips non séparables de 14 cm pour les poches passepoilées. Or, ces dimensions ne sont pas standards… Je trouve un peu dommage que ce patron ne tienne pas compte de la dimension des zips que l’on trouve habituellement dans le commerce. Perso, j’ai donc préféré adapter le patron pour que je puisse poser au milieu devant un zip de 65 cm et pour les poches, des zips de 15 cm. Alors certes, j’aurais pu raccourcir la longueur de mes zips en ôtant quelques maillons mais c’est une expérience que j’ai déjà faite et dont je trouve le rendu assez moyen…

Il est également proposé de fixer des rivets (que je n’ai pas posés) et un élastique de 4 cm pour les poignets de manche et la bande de taille. J’ai trouvé l’élastique chez Fil 2000 : un élastique souple, comme recommandé par le livret. Si je devais réaliser une autre version de ce blouson, je pense que je diminuerai la longueur de l’élastique, histoire de faire un peu plus blouser le bas de la veste.

 

J’ai beaucoup aimé la façon dont était gérée cette ceinture élastiquée avec la parementure et la doublure ! Les finitions sont absolument nickel !

Sur l’endroit, On voit que la ceinture élastiquée ne va pas jusqu’au milieu devant. Pour former un bel angle droit, comme d’habitude, il est nécessaire de cranter au bon endroit.

Sur l’intérieur de la veste, voici ce que ça donne :

Côté niveau, ce patron est indiqué comme étant « avancé », ce que je confirme puisqu’il y a pas mal de détails techniques à gérer et qu’il s’agit ici d’une veste doublée. J’ai trouvé le livret clair et bien illustré mais il faut dire aussi que ce n’est pas ma première veste doublée. Certaines illustrations/schémas peuvent toutefois poser question ou tout du moins demander réflexion. Perso, je préfère des photos plutôt que des illustrations schématisées… J’ai vraiment apprécié la conception de ce patron : la façon dont la doublure est assemblée, la façon dont sont gérées la bande de taille et les poignets. Bref cette conception est des plus ingénieuses : les finitions intérieures sont très soignées, j’en suis absolument ravie !!! Vraiment bravo à la créatrice, car elle a sérieusement dû se triturer les méninges pour obtenir un tel résultat ! J’aurais aimé que la créatrices propose un pas à pas / sew along en images ou mieux en vidéo mais je comprends tout à fait que ce soit délicat de dévoiler ses secrets de fabrication… je n’en parlerai donc pas plus ici !

Voici la veste côté doublure & parementures :

Comme vous le savez, pour retourner sur l’endroit une veste doublée, on laisse toujours une ouverture quelque part. En général, elle se trouve dans une manche ou en bas de la veste. Ici, l’ouverture est placée dans le pli d’aisance du milieu dos et j’ai bien aimé cette idée.

Pour info, sur la pièce 11 (doublure dos), le tracé du soufflet est indiqué mais ça aurait été bien poursuivre ce tracé pour savoir de combien est l’ouverture laissée au milieu dos. J’ai donc pour ma part laissé une ouverture de 20 cm.

Les manches sont longues et finies par un poignet élastiqué :

En ce qui concerne l’assemblage des poignets, j’étais au départ un peu sceptique mais j’ai suivi scrupuleusement les instructions et je suis au final ravie. Le fait de devoir fermer à la main l’ouverture pour le passage de l’élastique me gênait un peu mais ça ne se voit finalement pas du tout, une fois les surpiqûres effectuées.

Voici ce que ça donne, une fois fini, sur l’endroit puis sur l’envers :

D’ailleurs, en ce qui concerne ces fameuses surpiqûres, j’avais un peu peur et je me disais que j’allais galérer un maximum mais en fait, le poignet est suffisamment large pour l’insérer sur le bras libre de la machine à coudre : c’est en effet parfait pour les pièces tubulaires.

Voilà pour le patron de cette veste, je crois bien que c’est mon coup de cœur de l’année 2019 !