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Vous connaissez l’expression, quand on aime…




Fringe est un patron de Chalk & Notch. Patron que j’ai donc déjà cousu 4 fois !
Il s’agit d’une robe ou d’une blouse semi-ajustée avec jupe froncée de forme liquette. Pour le corsage, deux décolletés en V sont proposés : Vue A : corsage boutonné au devant / Vue B : corsage avec encolure tunisienne. En option :
> Poches prises dans les coutures (que je n’ai pas faites)
> Deux largeurs de bracelet de manche avec patte de boutonnage pour un effet manches retroussées
> Liens à nouer à la taille au dos (pris dans les pinces devant ou dos)
> Tuto pour obtenir une maxi dress avec fentes
Voici la schéma technique :

Et voici mes précédentes versions :
Ma première réalisation (qui date de 2018) :


Ma 3ème version (encolure boutonnée) :

Et enfin, la réalisation que je vous présente aujourd’hui : ma 4ème version ! Pour tout vous dire, j’ai déjà cousu une 5ème version mais j’attendrai l’été pour vous la présenter car je l’ai cousue dans un très joli liberty bleu estival… Quel teasing !

Voici ma version à plat :

De plain pied avec mon pantalon Burda (arrière plan artificiel) :

Avec des bottes :

Le patron est proposé au format PDF au prix de 18$. A l’époque, je l’avais acheté 12$ (soit 10,91€). Il est proposé avec système de calques de tailles, ce qui nous permet de n’imprimer que la ou les tailles choisies. A noter par ailleurs que les marges de couture sont incluses et qu’elles sont de 1 cm. Il est proposé dans la planche patron les pièces « entoilage » pour la parementure devant & dos et la patte de boutonnage. Je ne les ai pas utilisées car je préfère entoiler intégralement mes pièces, je ne suis en effet pas partisane des entoilages qui ne sont pas pris dans la couture.
Côté tissu, j’ai opté pour ce satin de coton motif corail ultraviolet de chez Tissoeurs éditions, une toute nouvelle boutique en ligne dont la fondatrice n’est autre que Solène alias SoMiio que vous connaissez très certainement via son blog. J’aime beaucoup son approche créative, son humour, son attention aux détails et à la qualité de ses finitions. Elle est notamment reconnue pour son expertise en lingerie.

L’histoire de Tissoeurs éditions est charmante, n’hésitez pas à aller écouter Solène dans le podcast de Causons Couture :
Le concept de cette boutique est hypra intéressant & novateur puisqu’il s’agit de rééditer des motifs textiles vintage issus d’archives oubliées. Solène, qui est graphiste de formation, numérise ainsi les motifs, les restaure, les réinvente, les recolorise tout en respectant l’esprit d’origine. Ces motifs sont ensuite imprimés à la demande sur une sélection de matières certifiées OEKO-TEX 100. Il n’y a ainsi ni surstock ni gaspillage !
Le tissu n’est pas dans ma gamme de prix habituel (23,50€/m pour le satin de coton) mais il y avait une promotion de 15% et les frais de port étaient offerts, alors je n’ai pas hésité (ça m’est ainsi revenu à 20€/m). Et puis surtout j’avais envie de soutenir et d’encourager le travail de Solène ! J’en ai donc profité pour acheter deux coupons, le 2ème étant un satin de coton motif corail parme. Coup de cœur pour ces deux motifs de la gamme Prisme Noir ! J’ai commandé un mètre de chaque. A noter que la laize pour le satin de coton est de 1m60, ce qui est fort appréciable.

J’ai reçu ma commande dans cette jolie boîte cartonnée :

A noter que l’envers du tissu est blanc/gris. Il faut donc prévoir un projet couture qui ne laissera pas trop entrevoir l’envers. J’en profite pour vous montrer ma tunique sur l’envers, devant et dos :

J’ai suivi les recommandations pour laver le tissu (lavage délicat à 30°C avec essorage à 600 tours) et tout est ressorti nickel ! J’avais en effet peur de voir apparaître de vilaines marbrures…

Pour cette quatrième version, j’ai de nouveau opté pour la blouse avec encolure tunisienne, manches retroussées et liens à nouer. Comme pour mes précédentes réalisations, j’ai allongé la blouse de 15 cm afin d’obtenir une tunique.

L’autre modification : j’ai mis ma pièce corsage devant au pli du tissu (il faut donc retirer les valeurs de couture de 1 cm) pour éviter d’avoir une couture d’assemblage inutile au milieu devant…

Côté tailles, le patron est aujourd’hui proposé de la taille 0 à 30. Un tableau avec les mesures finies du vêtement est fourni, ce qui permet d’avoir une idée de l’aisance qui a été apportée au modèle. Comme pour mes précédentes versions, j’ai cousu la taille 2 (bonnet A/B) qui correspond à mon tour de poitrine. Le résultat est impeccable, la tunique est ample juste comme il faut, j’en suis ravie.

Par contre faite attention de bien choisir votre taille, histoire d’être sûre que vous pourrez bien enfiler votre robe car c’est un modèle semi-ajusté avec des pinces de taille devant & dos et il n’y a pas de zip pour ouvrir la robe (mais rien ne vous empêche d’en mettre un si besoin). Je porte ici cette tunique avec mon sous-pull Diana mais je prévois bien de la porter également sans rien en dessous pour un look plus estival…

Le niveau indiqué est intermédiaire, ce que je confirme. Il n’y a pas de réelles difficultés techniques (pinces, fronces, parementures, ourlet arrondi, patte de boutonnage) mais ce patron demande tout de même un peu de minutie. Je pense notamment à la finition de l’encolure. Le cahier technique est clair et suffisamment détaillé et illustré mais attention c’est en anglais ! Sachez qu’il y a un pas à pas illustré de photos sur le blog de Chalk and Notch.

L’encolure tunisienne c’est vraiment l’atout charme de ce modèle !



Ce que j’aime particulièrement dans ce patron, ce sont les finitions soignées proposées : la parementure d’encolure est joliment finie, il n’y a pas de surfil apparent à ce niveau-là.

Côté dos :

Voici quelques étapes successives de la couture de la parementure d’encolure :
Le livret conseille d’utiliser la technique de la piqûre-guide pour former l’ourlet étroit tout le long de la parementure. J’aime beaucoup cette technique.

J’utilise ici un pied de biche 1/4 de inch car il me permet de réaliser cette piqûre de façon précise, à 6 mm du bord :

On crante dans les angles puis on vient presser au fer les marges de couture grâce à la piqûre préalablement effectuée :

Voici ce qu’on obtient sur l’endroit :

On vient ensuite épingler la parementure sur l’encolure devant & dos. Je n’hésite pas à marquer à la craie le point d’intersection situé au niveau de l’angle du milieu devant :

Une fois la parementure cousue, crantée & dégarnie, je la retourne sur l’endroit. On presse bien le tout au fer puis on épingle les bords :

On réalise ensuite une piqûre nervure tout du long.

J’utilise ici mon pied de biche pour zip qui me permet de coudre au plus près du bord (pour ce faire, je décale l’aiguille sur la droite) :

Voici ce qu’on obtient sur l’envers :

Et voici ce que cela donne côté endroit :

L’autre détail qui me plait beaucoup dans ce modèle ce sont les manches retroussées :


Il y a une patte boutonnée qui permet de retrousser la manche :


J’ai opté pour des pressions Prym :

Côté envers :

Les emmanchures sont finies par des bracelets de manche qu’on vient surpiquer au plus près du bord :

Sur l’envers voici ce que ça donne. Vous remarquerez au passage que la patte de boutonnage est prise dans la couture du bracelet de manche :

J’ai cranté dans les arrondis, ce n’est pas très joli mais ça permet ensuite à la couture d’assemblage de mieux se positionner.

L’envers du tissu étant clair, j’ai opté pour des fils dans les même tons pour coudre les pinces et les coutures d’assemblage. Idem pour le surfil. Ci-dessous c’est la partie jupe froncée :


Côté endroit du haut de la jupe froncée :

Le 3ème détail, ce sont les liens qu’on vient nouer au dos.


Ces liens sont insérés dans la couture des pinces et je trouve ça des plus astucieux !

J’ai fini ces liens par des petits embouts achetés sur Amazon :

J’ai ajouté des passants pour les liens (non prévus par le patron) :


Le bas de la tunique est joliment arrondi, façon liquette :

J’ai ici réalisé un double rentré 0,7 cm :

Voilà pour cette tunique !




Ah ! le goût des tuniques , c’est comme celui des robes , quand ça vous tient , ça ne vous lâche plus .
on pourrait dire: Ah encore une tunique! Mais non c’est encore une tunique avec des nouveaux points techniques et des détails , les manches, super jolis. Et des finitions aux petits oignons. bravo, bravo
Ps: merci pour toutes ces explications et photos, quel boulot
Bonjour Sandrine,
Je suis assez mitigée : je trouve que cette version est la moins réussie, ça doit être du au tissu trop épais. Les fronces à la taille et les plis sur les manches nécessitent un tissu plus fluide : la viscose voire le crêpe c’est parfait pour ça. A la limite, le voile de coton, mais pas du satin de coton si épais.
Et puis, l’envers blanc pour un tissu si foncé, quelle idée a eu le fabricant ?! ça gâche ce beau tissu.
Merci pour les détails techniques toujours appréciables avec toi !
Bonjour Couturelututu,
La particularité de ce tissu c’est qu’il est imprimé sur demande par une jeune créatrice qui vient de se lancer, ce qui implique une impression numérique avec des encres pigmentaires.
C’est une technique différente des tissus de gros fabricants qui impriment par rouleaux entiers avec des encres qui pénètrent le tissu et sont fixées par un procédé chimique, un étuvage et un lavage utilisant de grandes quantités d’eau.
En revanche, cela permet à Tissoeurs de proposer chaque motif dans plusieurs types de tissus. Pour ma part j’aime bien l’effet « lisse et net » du satin de coton, mais peut-être qu’une double-gaze aurait marché aussi ?
Pingback: Ma blouse n°122 [Burda 04/2009] | SB créations
Merci à toutes pour vos commentaires et merci à toi Florence pour toutes ces précisions !