Aujourd’hui 1er mai, c’est la fête du travail, mais c’est aussi le jour du défi Burda (et le 46ème jour de confinement…).

Le défi Burda est lancé tous les 1er du mois par Zélie Décousue. Pour voir ce que les copines ont cousu, c’est par ici !

J’ai choisi de coudre le modèle n°109 du magazine Burda de février 2018 dont voici les illustrations proposées :

Burda appelle ça une robe polo même si pour moi la robe polo c’est autre chose… Mais bon… Ce modèle est proposé en top ou en robe avec encolure tunisienne. Empiècements devant et dos. Rabats de poche au devant. Les manches 3/4 sont finies par un poignet de manche boutonné. La robe dispose de poches prises dans la couture et est ceinturée à la taille. Voici le schéma technique :

Comme vous pouvez le voir, je n’ai pas cousu le parement prévu en bas de robe. Du coup, j’ai une tunique et je préfère nettement ce style. Du coup, je n’ai pas cousu les poches prises dans les coutures.

Pour tout vous dire, c’est la jolie version de Au gré du souffle qui m’a donné envie de coudre ce patron. Elle l’a en effet cousu lors d’un précédent défi Burda proposé par Zélie Décousue. J’avais également repéré la réalisation de @nadine.coutures.comprises. Je me suis ensuite rendu sur le site russe de Burda où de nombreuses couturières publient leurs réalisations. Je trouve ça vraiment chouette car ça permet de mieux se rendre compte de ce que ça donne porté et ce sur différentes morphologies. Le seul bémol c’est qu’il y a pas mal de pub sur ce site…

Le patron est proposé du 36 au 44 et comme d’habitude chez Burda, j’ai cousu la taille 36 et il y a suffisamment d’aisance. Voici ce que ça donne sans ceinture :

Clairement, je préfère quand cette tunique est ceinturée ! Burda propose de coudre un grand lien qu’on vient nouer au devant, histoire de cintrer la blouse à la taille. Il est un peu trop grand pour moi, faudrait que je le raccourcisse.

Voici donc la tunique avec le lien proposé par Burda :

Mais je préfère utiliser une ceinture qui contraste davantage comme ici avec cette ceinture qui est un recyclage cousu main.

Côté tissu, Burda conseille d’utiliser un tissu assez ferme comme le lin. J’ai donc décidé de coudre ce modèle dans une popeline de coton que j’ai achetée chez Driessen Stoffen au prix de 3,5€ le mètre, une sacré affaire ! C’est un tissu que j’avais déjà acheté par le passé dans la boutique Diffus’laine Tissus de St Nazaire au prix de 7,90€/m. J’aime beaucoup cet imprimé, je regrette de ne pas en avoir acheté davantage… Je l’avais cousu pour ma tunique Fringe de Chalk and Notch patron que j’adore et que j’ai déjà cousu trois fois.

La popeline, c’est un tissu plutôt rigide, le tombé est donc bien différent, moins souple, moins fluide qu’une viscose par exemple… La coupe est donc plus structurée mais j’aime bien. Je précise que ce patron ne prévoit pas de pinces poitrine, détail qui a tout de même son importance.

J’avoue toutefois que je regrette un peu mon choix de tissu car, à cause de cet imprimé, on ne voit pas tous les jolis détails de ce patron…

L’encolure tunisienne, par exemple se fait très discrète :

Idem pour l’empiècement devant et les rabats de poche :

Je précise que je n’ai pas cousu les fonds de poche, ce sont donc de fausses poches… Pas de boutonnière, j’ai cousu le bouton sur toutes les épaisseurs.

L’empiècement dos et le pli rond :

Les manches 3/4 :

Le bas des manches est fini par une fente indéchirable et un poignet de manche boutonné fini en pointe. C’est un détail que j’aime vraiment beaucoup :

Sur l’endroit :

Sur l’envers :

Pour le bas de la tunique, j’ai réalisé un double rentré de 1 cm.

J’ai décidé d’ajouter des pattes boutonnées (non prévues dans le patron) au bas de la tunique, en rappel des poignets :

J’ai aussi ajouté des pattes épaules (non prévues dans le patron). Je trouve que ça apporte un petit quelque chose en plus… Les boutons en métal viennent de chez Fil 2000, je les aime beaucoup !

Côté niveau, Burda indique une difficulté 3/4 (nécessite des connaissances approfondies en couture), ce que je confirme. Comme vous le savez, chez Burda, les instructions de montage sont plutôt nébuleuses et proposées sans aucune illustration, ce qui n’aide pas à la compréhension des différentes étapes d’assemblage. La difficulté majeure de ce patron c’est l’encolure tunisienne. Sur toutes les réalisations que j’ai vues de ce modèle, il est rare de voir l’envers du vêtement et c’est dommage car ça permettrait je trouve de mieux cerner et de comprendre les finitions proposées… Je vous dis ça, car ce modèle m’a vraiment intriguée, j’ai en effet pas mal cogité pour savoir de quelle manière il fallait assembler cette robe au niveau de l’encolure… Du coup, je vous ai préparé un petit à pas à pas pour vous aider à mieux appréhender l’encolure de ce modèle.

Je précise que j’ai ajouté des valeurs de couture de 1 cm. J’ai assemblé ce modèle en faisant au mieux selon les explications de Burda que j’ai un peu modifiées, histoire que ce patron soit cousu de la façon la plus cohérente/claire possible (enfin pour moi)…

Allez c’est parti !

Préparer les rabats de poche en suivant les instructions de Burda. Les surpiqûres sont ici sont de 5 mm au lieu de 7 mm.

Placer les rabats sur l’endroit du corsage :

Je n’ai pas respecté le cran de montage du patron, j’ai préféré en effet positionner le rabat en le centrant bien :

Coudre les empiècements devant, les rabats sont pris en sandwich :

Presser au fer les marges de couture vers le haut. Les marges de couture ne sont pas surjetées car elles seront cachées par la suite par les empiècements intérieurs.

Pour le pli rond du dos, former les plis comme indiqué :

Sur l’envers, ça donne ça (bâtir si besoin) :

Positionner l’empiècement dos sur le dos, endroit contre endroit.

Presser au fer les marges de couture vers le haut :

On obtient ainsi un devant :

et un dos :

Si vous voulez faire des surpiqûres au niveau des empiècements, vous pouvez le faire maintenant. Perso, j’ai oublié…

Coudre le devant au dos par la couture des épaules :

Presser au fer en ouvrant les coutures :

Coudre les empiècements intérieurs devant & dos par la couture des épaules. Ouvrir les coutures au fer.

Faire un repli de 1 cm au niveau des bords du devant et du dos :

Positionner ces empiècements intérieurs sur le vêtement. Epingler puis coudre tout le long de l’encolure :

Dégarnir et cranter dans les arrondis de l’encolure :

Presser au fer l’encolure (je n’ai pas fait de sous-piqûre mais vous pouvez en faire) :

Voici ce qu’on obtient :

Sur la photo ci-dessous, on voit que je n’ai cousu que le bord de l’encolure, le bord devant de l’empiècement est laissé libre :

Idem pour l’empiècement dos :

On passe ensuite à la partie la plus technique de ce patron… J’ai entoilé le parement comme recommandé par Burda :

Positionner les parements endroit contre endroit :

Piquer sur la ligne indiquée par le patronnage :

Plier et épingler chacun des bords supérieurs du parement endroit contre endroit :

Piquer puis dégarnir.

Retourner sur l’endroit puis presser au fer les bords supérieurs et la pliure centrale :

Couper l’excédent des marges de couture :

C’est là que ça se corse ! Il va falloir coudre ce parement sur l’encolure devant avec la technique de l’incrustation. Si vous ne connaissez pas la technique, je vous invite d’abord à vous entrainer avant de continuer. J’ai rédigé un article/tuto ici, si ça vous intéresse…

Il va falloir coudre le parement sur l’encolure. Je rappelle que l’empiècement intérieur devant est libre :

Pour obtenir une jolie incrustation et donc de jolis angles, tracer les intersections des marges de couture à 1 cm sur l’encolure. Idem pour le parement :

Je précise que les repères sont placés sur l’envers du parement.

On épingle le parement en faisant correspondre les croix puis on coud et on crante l’encolure avant de poursuivre la couture…

On épingle jusqu’en haut, jusqu’à la couture d’épaule :

On rabat par-dessus l’empiècement intérieur puis on épingle. Le parement est ainsi pris en sandwich, c’est ce que j’appelle la technique du fourreau :

Avant de retourner sur l’endroit, on surjette les bords du parement :

Dégarnir l’angle, ça aidera à former par la suite un joli coin :

Retourner sur l’endroit, presser au fer :

Voilà le plus dur est fait !!!

Ensuite, pour l’empiècement intérieur du devant, épingler le bord, qu’on a précédemment plié et pressé au fer, sur les marges de couture puis coudre à la main avec un point invisible.

Idem pour l’empiècement intérieur dos :

Effectuer une surpiqûre tout le long de l’encolure et du parement à 0,5 cm du bord (Burda préconise 0,7 cm) :

Arrive ensuite l’étape des poignets de manche boutonnés et des fentes indéchirables que je ne détaillerai pas ici (j’ai utilisé la technique que présente Pauline Alice pour la blouse Carme). Ici les poignets ne sont pas entoilés alors qu’ils devraient l’être. J’économise en effet le peu d’entoilage qu’il me reste…
Je ne vais pas reprendre ici toutes les étapes mais juste vous donner l’information majeure, à savoir que j’ai épinglé le poignet endroit contre endroit, marquer les marges de couture (ici en rouge = 1 cm) et cousu en m’arrêtant au niveau du repère bleu ci-dessous (intersection des deux marges de couture). La partie inférieure n’est donc pas cousue.

Presser au fer un repli de 1 cm sur l’un des bords inférieurs :

Cranter uniquement sur l’autre bord jusqu’au point d’arrêt (ligne bleu) :

Dégarnir :

On retourne sur l’endroit, on presse au fer. Voici ce qu’on obtient :

Il ne reste plus qu’à assembler les poignets au bas des manches, endroit contre endroit, en positionnant la partie bord non repliée du poignet sur le bord du bas de manche. La pointe du poignet se positionne sur la fente indéchirable qui est fermée (repliée sur l’intérieur).

Sur l’intérieur, voici ce que ça donne :

Perso, j’ai préféré faire une surpiqûre tout du long à 0,5 cm mais vous pouvez aussi fermer le poignet sur l’intérieur par un point invisible à la main.

Et voici le résultat final des poignets :

Je vous montre l’envers de la blouse :
Côté devant :

Côté dos :

Voilà pour cette blouse, je pense en avoir fait le tour mais si vous avez des questions, n’hésitez pas !