Ce patron, je l’avais dans mon stock depuis bien trop longtemps, il me fallait donc impérativement le coudre !

Pantalon que je porte ici avec mon top Lisbonne d’Anne Kerdilès Couture :

Il s’agit du patron Sorell de Pauline Alice : un pantalon large et taille haute inspiré du vestiaire masculin, avec braguette, poches italiennes, une poche à gousset – à rabat – à l’avant et une ceinture à passants. La version A possède des poches passepoilées au dos, pour une version chic et classique. La version B est plus casual avec des poches plaquées au dos.

En ce qui concerne le tissu, la créatrice préconise un tissu de poids moyen: denim, gabardine, lainage, lin… (tissu légèrement stretch également possible).
J’ai donc opté pour ce tissu acheté chez tissu.net : une gabardine de viscose composée de 62% Polyester, 32% viscose et 6% Elasthanne. C’est un tissu que j’aime beaucoup. C’est la seconde fois que je l’utilise et j’en suis ravie car il est doux au porté, il a un joli tombé et il est légèrement stretch. Je précise toutefois que je n’ai pas lavé ce tissu (d’une manière générale, je ne lave jamais les tissus pour jupe ou pantalon). J’avais déjà utilisé ce tissu pour ma jupe Cardamome de Deer & Doe :

Le patron est proposé de la taille 34 à 48. Ce tissu légèrement stretch m’a permis de coudre ce pantalon intégralement dans la taille 38 alors que je fais, d’après le tableau des mesures : 36 à la taille et 40 au bassin. Je précise qu’il y a un tableau avec les mesures finies du vêtement, ce qui m’a permis de valider mon choix de taille.

J’ai tout de même dû réduire les valeurs de couture de l’enfourchure dos pour que mon fessier puisse être à peu près à l’aise. Heureusement que les valeurs de couture étaient de 1,5 cm (les marges de couture sont incluses dans le patron) !

Voici le pantalon sur l’envers au niveau du dos :

On voit bien bien la différence ci-dessous : les marges de couture sont beaucoup plus étroites au milieu dos que celles de la ligne de côté :

Pour ma morphologie, l’enfourchure dos est vraiment trop courte. Si je réalise à nouveau ce pantalon, il faudra assurément que j’agrandisse et que je creuse cette ligne pour obtenir un peu plus d’aisance. J’ai comparé avec l’un de mes patrons burda (calque = Sorell) : l’enfourchure est plus creusée.

La deuxième modification majeure que j’ai faite au patron a été de raccourcir les jambes de 6 cm : bien que je fasse 1m68 (stature du patron = 1m65), j’ai un long buste et de petites jambes !

J’avais acheté ce patron au format pochette mais je me rends compte qu’il n’apparait sur le site Pauline Alice qu’au format PDF. Serait-il en rupture de stock ? Une fois le patron en main, j’ai décalqué toutes les pièces puis j’ai vendu le patron en oubliant toutefois de faire une copie du cahier technique. Heureusement, sur le site de Pauline Alice, il y a un Tutoriel du pantalon Sorell richement illustré.

Ces explications m’ont grandement aidé à coudre ce pantalon car elles sont bien détaillées. Il y a juste l’indication des surjets qui n’est pas forcément indiqué à chaque fois mais les photos parlent d’elles-mêmes.

Voici le pantalon vu sur l’endroit et sur l’envers :

Le montage de la braguette est bien expliqué : j’ai particulièrement aimé la méthode utilisée ! J’aurais juste souhaité avoir un petit éclaircissement sur la pose du sous-pont car je ne suis pas sûre de l’avoir fixé exactement au bon endroit. Je ne m’en suis rendu compte qu’au moment d’assembler la ceinture au pantalon : ma ceinture était bien trop longue côté braguette… Alors, aurais-je mal décalqué ma pièce ou bien aurais-je mal positionné le sous-pont ? Mystère… Évidemment comme j’ai vendu le patron, je n’ai pas moyen de vérifier mes pièces décalquées… Tant pis ! Ma ceinture a donc été réduite en longueur pour que celle-ci vienne correctement épousé le haut de mon pantalon.

Regardons de plus près la braguette :

Sur l’envers :

J’ai cousu la braguette la veille de partir en vacances, chose qu’il vaut mieux éviter, surtout quand il s’agit d’un point technique comme celui-ci… Figurez-vous que, comme je n’avais pas de zip aux bonnes dimensions, j’ai pris un zip plus long de mon stock en oubliant de le couper et de faire un point d’arrêt comme conseillé. Résultat, le zip est toujours là et donc très visible… Il va falloir que j’y remédie et que je finisse correctement l’embout de mon zip avec un biais. Petite précision au passage : à mon avis la pièce du sous-pont est trop courte : elle n’est pas assez longue pour recouvrir/cacher correctement le zip…

Parlons à présent des poches italiennes.

Sur l’envers :

Je n’ai pas eu de difficultés pour les coudre. Comme conseillé, pour éviter que les poches ne baillent, j’ai posé un DF thermocollant sur l’ouverture des poches. Pauline Alice préconise un ruban de sergé mais ça revient au même. Il y a également une sous-piqûre à effectuer pour permettre à la doublure de bien rester en place.

Vues sur l’intérieur :

Au dos du pantalon, deux options : poches passepoilées ou poches plaquées. J’avais opté pour les poches plaquées mais je ne les ai au final pas cousues car le rendu ne me plaisait pas sur moi. J’avais l’impression que ces poches attiraient le regard à un endroit ou décidément je n’avais pas envie qu’on le remarque.

Ces poches sont coupées en simple épaisseur et sont donc non doublées. Pour obtenir de jolis arrondis, Pauline Alice utilise la technique du gabarit. C’est une méthode que j’avais également apprise en cours et que je trouve bien pratique. J’ai par contre fait mon gabarit dans du carton (Pauline Alice le réalise dans du papier mais, selon moi, ça ne convient pas).

Le principe est simple : on découpe la pièce du patron dans une cartonnette en veillant à retirer les valeurs de couture. On vient ensuite placer notre gabarit sur notre pièce en tissu et on vient préformer les ourlets de la poche en plaquant les valeurs de couture sur notre gabarit. On presse bien le tout au fer en utilisant le fer vapeur en plusieurs étapes successives.

Personnellement, je préfère la technique de la poche plaquée en fourreau (poche doublée) que je trouve bien plus facile à coudre !

La dernière poche : la poche gousset.

Là, je dois bien avouer que je n’ai pas compris les explications alors que ce doit être tout simple… Comme j’ai bugué sur ce détail technique, j’ai donc décidé de faire une fausse poche gousset : il n’y a donc que le rabat boutonné que j’ai cousu. Rabat que j’ai positionné au niveau de la pince et du passant, contrairement aux crans indiqués dans le patron (goût personnel).

Le détail de la ceinture au dos est des plus charmants, j’aime beaucoup ce décroché en V !

Sur cette ceinture, on vient fixer des passants que j’ai positionnés aux endroits que je souhaitais. Je n’ai donc pas respecté les crans indiqués dans le patron.

Je n’ai pas souhaité surpiqué la ceinture (goût personnel) : j’ai donc rabattu la ceinture sur l’intérieur du pantalon et je l’ai cousue à la main avec un point glissé invisible.

La boutonnière… Impossible de la faire avec ma machine à coudre du fait de l’épaisseur de la ceinture et du passant qui gênait le pied presseur… Donc… plutôt que de tout gâcher et de faire un carnage, je n’ai pas insisté : je suis allée voir Mireille Boutonnière et ça ne m’a coûté que 50 cts :

J’en profite pour vous dire que les horaires ont été modifiés : c’est à présent ouvert de 8h-14h :

Parlons des ourlets : j’ai préféré les finir à la main pour que ça reste discret. Le explications conseillent de coudre un premier repli de 1,5 puis un second de 2,5, soit une valeur d’ourlet de 4 cm. Pour ma part, et pour éviter les surépaisseurs, j’ai préféré faire un simple ourlet surjeté de 2,5 cm.

Une fois le pantalon fini, il convient de marquer au fer le pli du milieu de jambe, ce que j’ai fait et je trouve que ça finit bien le pantalon. Désolée, on ne voit rien sur ces photos…

Voilà pour ce pantalon, je suis contente de l’avoir (enfin) réalisé !