Coup de cœur couturesque pour cette veste style perfecto !

Voici la description de la veste Electra d’Atelier Scammit : « Veste zippée reprenant les codes du perfecto : fermeture à glissière croisée et col orné de boutons pressions (en option). Plusieurs découpes sur le côté et au dos rendent sa coupe particulièrement flatteuse. Poches paysannes en option. Veste entièrement doublée pour une finition impeccable. »

Voici le schéma technique :

Voici ma version à plat :

Ce patron est proposé au format PDF (12,90€) et au format pochette (17,90€). J’ai acheté la pochette lors du dernier salon CSF. Elle contient le livret anglais/français en couleurs et 1 planche A0. J’avais également acheté le blazer Punto que j’ai cousu depuis !.

Au final je crois que j’aurais préféré acheter ce patron au format PDF car ça a été une vraie plaie à décalquer : 90% des pièces se superposent donc décalquage obligatoire ! C’est écrit noir sur blanc et je le savais pertinemment  en achetant ce patron. Le fait que toutes les tailles soient imprimées, ça complique en plus les choses : à certains endroits on a vraiment du mal à repérer lequel est le bon cran, lequel est le bon emplacement des boutons, laquelle est la bonne ligne de gradation… Du coup, faut être hyper vigilent car l’erreur est grande…

Je trouve que les crans sont vraiment peu lisibles, ce ne sont pas des traits fins, ils sont dédoublés… Du coup, évidemment je me suis trompée à plusieurs endroits…

Si j’avais acheté le PDF et imprimé uniquement mon calque de taille, ça m’aurait vraiment beaucoup moins fait suer, c’est certain ! Certes il y aurait eu 58 pages à imprimer et à scotcher mais ça aurait été bien moins fastidieux que de décalquer (avec des erreurs) les 23 pièces qui composent cette veste… A noter que si vous achetez le patron PDF au format A0, cela représente alors 3 planches et les pièces ne se superposent pas (par contre il y aura tous les calques de tailles…) contrairement à l’unique planche patron qui est livrée dans la pochette.

A noter que les marges de couture sont incluses. Attention, elles sont soit de 1 cm soit de 1,5 cm, il faut donc scrupuleusement suivre les indications du livret ou de la vidéo… Pour info, j’ai utilisé ce pied-guide Pfaff (réf. : 820772096) pour coudre facilement à 1,5 cm du bord :

A noter par ailleurs qu’il y a un erratum à télécharger sur la page de vente de la veste. Ca concerne le plan de coupe (onglet « pièces jointes ») : la pièce 7 (bas dos) est à couper au pli du tissu (ou entière).

Une fois toutes les pièces du patron coupées dans le tissu et la doublure, on est contents, c’est une bonne étape de faite !

J’ai cousu ma version dans un denim gris perle acheté 20€ les trois mètres dans la boutique Modes & Travaux (Les Coupons de Saint-Pierre).

Et côté doublure, j’ai pris de la popeline de coton gris perle (15€/3m) toujours issue de la même boutique. Malheureusement mon tissu est ressorti de la machine tout marbré, ce qui lui donne un aspect tout froissé… Mais tant pis, je l’ai quand même utilisé !

Pour les manches, je n’ai pas utilisé de doublure acétate ou de satin de polyester. Comme c’est une veste d’été, j’ai pris le risque et au final ça passe car il y a suffisamment d’aisance au niveau des bras.

J’en profite pour vous montrer qu’une ouverture est laissée dans l’une des manches. Atelier Scammit préconise de fermer la manche puis de la ré-ouvrir sur 15 cm au moyen d’un découd-vite mais je n’en vois pas l’intérêt…

Ce patron est proposé de la taille 32 à 52. Il y a un tableau avec les mesures du vêtement fini ce qui nous permet de nous rendre compte de l’aisance qui a été apportée au modèle.

J’ai cousu la taille 36 en prenant principalement comme référence mon tour de poitrine. Je n’ai fait aucun ajustement. Je porte donc la veste telle que prévue par Atelier Scammit.

Voici ce que ça donne une fois la veste fermée. La coupe étant droite il y a donc suffisamment d’aisance.

J’aurais d’ailleurs préféré que ce soit plus cintré à la taille. Pour mémoire, j’avais cousu cette veste Burda perfecto que je trouve plus seyante, plus féminine et donc davantage dans mon style :

Avant de passer à la partie couture, il y a tout un travail de préparation en terme d’entoilage et de marquage. J’ai suivi les instructions d’Atelier Scammit pour marquer l’emplacement des boutons pressions : le fait d’utiliser du fil c’est une bonne idée car ça reste bien tout le temps de la confection de la veste. Ci-dessous ma veste en cours de couture avec du fil bordeaux pour marquer l’emplacement des pressions :

J’aime bien l’allure générale de cette veste à l’esprit perfecto :

La veste se ferme sur le devant par un zip séparable :

La pose du zip est une étape qui demande minutie et attention. Les rubans gauche & droit doivent être bien alignés, bien face à face. Il faut ensuite gérer les extrémités et c’est à mon sens le plus délicat.

Il faut positionner le ruban du zip selon les crans indiqués sur le patronage. Le bas du zip doit être positionné à 1,5 cm du bord et ensuite la couture d’assemblage doit être faite à 1 cm du bord, ce qui crée un petit décalage que je trouve peu esthétique. Comme elle l’indique dans sa vidéo, il ne faut pas hésiter à reprendre sur la marge si besoin.

Pour l’extrémité supérieur du zip, on plie le ruban à 90° mais la finition reste assez moyenne. Il est en effet difficile d’obtenir un bel angle du fait de toutes ces épaisseurs… Si vous connaissez une astuce je suis preneuse !

De l’autre côté, c’est plus simple à gérer car le zip est pris en sandwich dans la découpe :

J’ai remplacé les poches paysannes par des poches passepoilées zippées. Question de préférences personnelles… Pour ce faire, j’ai pris les pièces d’un autre patron.

De plus près :

Sur l’envers, voici la poche avant la pose de la doublure :

Au dos, plusieurs découpes.

J’ai surpiqué à la double aiguille la plupart des coutures d’assemblage.

Pour ce faire, j’ai utilisé une double aiguille spécial jeans (écart 4mm) de la marque Schmetz. J’ai allongé la longueur de point à 3,5 (machine à coudre Pfaff). A noter que j’ai réalisé des coutures couchées (les deux épaisseurs de la marge de coutures couchées et pressées au fer vers un côté) et non des coutures ouvertes.

Comme il s’agit d’une veste doublée, on ne surfile donc pas les marges de couture. Par contre heureusement que j’ai tout surpiqué à la double aiguille car ça m’a ainsi permis de sécuriser les coutures d’assemblage…

Comme vous pouvez le voir, mon denim s’effiloche beaucoup…

Pour le col, j’ai réalisé la double surpiqûre à l’aiguille simple car la double aiguille, comme vous le savez, ne peut pas tourner dans les angles…

La réalisation du col est très simple car il suffit de le bâtir au niveau de l’encolure. Il sera ensuite pris en sandwich entre le tissu extérieur et les parementures.

Une fois le col cousu, j’ai ensuite cranté toute l’encolure (non préconisé par Atelier Scammit) :

Pour former de belles pointes à mon col, j’ai utilisé la technique du fil dont je parle ici :

A noter que je n’ai pas réalisé de surpiqûres sur les revers et le devant de la veste car c’était trop difficile, à mon sens, d’obtenir un résultat correct endroit comme envers du fait notamment du zip…

Les manches longues sont en deux parties : le dessous et le dessus de manche.

Le bas de manche est fini par une enforme qu’on vient sous piquer.

Idem pour le bas de la veste :

Pour réaliser la sous-piqûre, j’ai utilisé mon pied de biche pour zip qui permet de suivre avec précision le sillon de la couture d’assemblage.

Pour que le bas de la veste reste bien plaqué, on doit glacer les épaisseurs ensemble. J’ai tout glacé à la main car je ne pouvais tout simplement pas le faire à la machine (parce que j’avais opté pour des coutures couchées).

Pour ce faire, j’ai tout d’abord superposé le bas de la veste envers contre envers, tel que ça doit se positionner puis j’ai fixé le tout par des épingles. Pour rappel, l’enforme ayant été sous-piquée, celle-ci est en décalage par rapport à la ceinture extérieure.

J’ai ensuite, de l’intérieur, réalisé un point de chausson pour maintenir les deux épaisseurs ensemble.

Une fois la doublure intégralement cousue, on retourne le tout sur l’endroit en passant par la manche :

Et TADAM, nous avons une veste intégralement doublée !

On retrouve le pli d’aisance au milieu dos :

Et également le pli d’aisance au bas de la veste :

La gestion parementure / doublure / enforme :

Il y a également un pli d’aisance au niveau des manches :

Une fois la veste finie, on pose les pressions. J’ai opté pour les boutons pressions de la marque Prym (anorak, 15 mm) que j’ai posés avec la pince de la même marque.

Au final je n’ai posé les pressions que sur le col et sur le revers, pas sur le corps de la veste et au final je préfère car si on ne presse pas les pressions entre elles, alors les boutons (partie femelle) sont visibles et je ne trouve pas ça très esthétique. Je préfère laisser le col libre et le laisser se positionner comme il vient.

Au moment de poser les pressions, ma pince m’a lâchée ! Les rondelles en plastique ont fini par céder… faut dire que ça faisait au moins 15 ans que j’avais cette pince ! Sachez qu’il n’est pas utile d’acheter une nouvelle pince, les rondelles se remplacent et coûtent peu chères : 2,45€ les 10 embouts de rechange chez Rascol ! Merci à la communauté Instagram de m’en avoir parlé !


Perso, j’ai préféré racheter un kit complet mais au final je ne vous le conseille pas car les embouts métalliques sont très difficiles à mettre et à enlever même avec l’outil adéquat…

Je ne prévois pas de fermer jusqu’en haut ma veste car, je n’aime pas trop le rendu visuel…

Pour parfaire le tout, j’ai un mis une jolie étiquette de notre Emma alias Freundiicouture. Ce sont les promos actuellement, profitez-en !

Côté niveau, Atelier Scammit annonce un niveau 3/3 (avancé) du fait que la veste soit intégralement doublée et qu’il y ait des poches paysannes à réaliser (mais ça reste optionnel). Le livret d’instructions est plutôt clair et suffisamment bien illustré pour quelqu’un qui a déjà cousu une veste doublée. Dommage toutefois que le tissu utilisé soit comme souvent foncé… A noter tout de même une amélioration dans le livret : les explications en français et en anglais sont à présent bien dissociées, ce qui en facilite la lecture (avant tout était mélangé).

Sachez que le pas-à-pas vidéo, proposé sur la chaîne YouTube de la marque, est bien plus complet et explicite que le livret. Je pense notamment à la gestion du pli d’aisance : la vidéo permet de mieux comprendre la manipulation. Outre la qualité du patronage et des finitions, proposer des vidéos c’est vraiment l’atout majeur de cette marque de patrons !

Voilà pour cette veste de mi-saison, elle sera parfaite pour le printemps et l’été !