Je vous présente aujourd’hui Bovary et son encolure ornée d’un empiècement matelassé.


Bovary est le premier patron que j’achète de la marque Mimoï. Dès sa sortie, ce modèle m’a plu… mais je ne l’ai acheté que tout récemment, allez savoir pourquoi… Ce qui m’a de suite séduite, c’est évidemment cette encolure que je trouve à la fois élégante et originale. Je salue la créativité de cette marque de patrons car ça sort vraiment de ce qu’on a l’habitude de voir. A noter qu’Isabelle, la créatrice, est styliste modéliste depuis plus de 15 ans. C’est en 2018 qu’elle décide de commercialiser ses patrons de couture.
Voici la description de Bovary : « Le patron de couture Bovary est une fusion parfaite de délicatesse et d’élégance. Son design unique s’articule autour d’un empiècement matelassé à l’encolure donnant toute sa sophistication au modèle. La douceur de ses poignets matelassés, en harmonie avec l’encolure, apporte une finesse inégalée à ce modèle ! Manches longues ou 3/4, blouse ou robe, exprimez votre créativité et apportez une touche d’élégance à vos tenues avec Bovary ! »



Voici le schéma technique :

Voici ma version à plat :

Pour ma version j’ai opté pour une tunique avec ceinture et manches longues resserrées aux poignets par un élastique. Pour ce faire, j’ai allongé la blouse de 22 cm.

J’ai acheté ce patron au format PDF au prix de 11,90€. J’ai préféré imprimer le patron au format A0 pour éviter d’avoir à découper et scotcher les feuilles. A noter que les marges de couture sont incluses et que ce patron gère les calques afin de n’imprimer que la ou les tailles dont on a besoin. A noter que ça représente 24 feuilles A4 pour la blouse, 33 feuilles A4 pour la robe. La ceinture représente 2 feuilles A4.

Si vous décidez de passer par un imprimeur, sachez que ça représente 2 feuilles A0 . Ce modèle est également proposé au format pochette au prix de 17,90€.
Bovary est proposé de la taille 32 à la taille 50. Il y a un tableau avec les mesures finies du vêtement, ce qui nous permet de savoir quelle aisance a été apportée au modèle.

J’ai cousu la taille 36 pour la partie haute puis j’ai gradé le patron vers la taille 42 pour être à l’aise au niveau du bassin. Au final, j’aurai pu ne grader que vers la taille 38/40 car j’ai utilisé le patron de la blouse et non de la robe. Or la blouse a beaucoup plus d’aisance que la robe…
Côté tissu, j’ai opté pour un twill de viscose noir acheté en promotion sur la boutique en ligne de Craftine 3€/m au lieu de 9,99€/m. Une sacrée belle affaire ! J’en ai donc profité : j’en ai acheté 4 mètres et je regrette de ne pas en avoir acheté plus !

Vous connaissez ma passion pour les tuniques ! Je la porte ici avec des bottes et l’un de mes 4 Ginger Jeans de Closet Core patterns.

Ce qui fait tout l’originalité de ce modèle, c’est l’empiècement matelassé. C’est non seulement intéressant sur le plan visuel mais aussi sur le plan de la couture. D’ailleurs, sur la page de présentation, il est écrit : « Bovary : Plus qu’un Patron, une Expérience Couture », ce que je confirme.



De petites fronces sont prévues sous la pointe de l’empiècement :

Les surpiqûres :

Côté envers, voici ce que ça donne :

L’empiècement court jusque dans le dos. Il est prévu une ouverture au milieu dos pour pouvoir enfiler la blouse/robe aisément.


Le modèle se ferme donc au milieu dos par une bride et un bouton.


J’ai ici opté pour un bouton noir & strass acheté 50 cts chez Fil 2000. Je le trouve de toute beauté !

Pour la bride, j’ai utilisé un élastique rond & fin :

L’empiècement dos est pris en sandwich avec la parementure à-même du dos. C’est une finition bien pensée.

Côté envers, voici ce que ça donne :

L’empiècement au niveau de l’épaule :

Côté envers :

Plusieurs options de manches sont proposées. J’ai choisi de coudre les manches longues resserrées aux poignets par un élastique. Plutôt que de faire un ourlet double de 1 cm j’ai fait un ourlet double de 1,5 cm pour pouvoir ensuite passer un élastique d’1 cm.




Côté envers :

La tête de manche est froncée mais trop légèrement froncée à mon goût. En fait, il aurait fallu qu’il y en ait soit beaucoup plus soit pas du tout car là on est dans un entre deux qui laisse suggérer que la tête de manche est mal cousue… ça fait de vilains plis plutôt que de jolies fronces.


J’ai également choisi de coudre la ceinture matelassée amovible :






La méthode pour réaliser cette ceinture est la même que pour l’empiècement.

J’ai ajouté des embouts en métal pour finir les extrémités des liens :

Pour répartir de façon plus harmonieuse l’excès de tissu à la taille, j’ai décidé de créer une coulisse élastiquée.



Côté envers, voici ce que ça donne :

J’ai laissé une ouverture au niveau de la couture d’assemblage des côtés. Pour le passage de l’élastique, j’ai utilisé une aiguille passe-lacet à bout rond :

Le bas de la tunique est fini par un double rentré de 0,7 cm (au lieu de 1cm) :

Le niveau de ce patron est indiqué comme étant « avancé », ce que je confirme. La difficulté réside au niveau de l’empiècement molletonné qui demande du temps, de la minutie et certaine forme de dextérité. Il y a en effet un gros travail de surpiqûres et l’empiècement est qui est plus incrusté au devant (qui dit incrustations, dit angles à gérer !).


J’ai trouvé le livret d’instructions clair et suffisamment illustré. A noter que ce sont des schémas et non des photos qui illustrent les instructions de montage (perso, j’ai une nette préférence pour les photos car je trouve ça plus explicite). Il n’y a pas de pas à pas vidéo pour ce modèle mais sachez que la créatrice en propose pour ses derniers patrons sur sa chaine YouTube.
J’ai pris en photo quelques étapes successives pour coudre ce fameux empiècement molletonné. Je me dis que ça peut être un complément du livret d’instructions…
Dans le livret, il n’est pas indiqué d’entoiler les pièces de l’empiècement mais moi j’ai préféré le faire (j’ai entoilé l’intérieur et l’extérieur avec un entoilage fin acheté chez Fil 2000). Il me parait en effet important d’entoiler au préalable la pièce de tissu avant de poser par-dessus du molleton. C’est un conseil que j’avais appris grâce à Véro de Sacôtin qui en parle dans cet article. Au point de détail : je préfère entoiler tout un rectangle et ensuite seulement découper mes pièces patron, ça évite ainsi de les déformer lors de la coupe. Alors c’est sûr qu’on gaspille un peu d’entoilage mais c’est ainsi bien plus précis. Ci-dessous ce sont mes pièces patron pour la ceinture (que j’ai donc également entoilée) :

Pour ce qui est du molleton, la créatrice conseille d’utiliser un molleton thermocollant fin, référence H630 chez Vlieseline ou H640 pour un rendu plus prononcé. Je n’en avais pas en stock et ça m’embêtait d’en commander alors qu’il ne me fallait qu’un tout petit métrage (moins de 40 cm). Du coup, j’ai pris ce que j’avais, à savoir de la ouate de coton pour patchwork que j’avais dans mon stock depuis plusieurs années et ça fait très bien le job.
Voici mes pièces devant & dos découpées, entoilées et les valeurs de couture tracées à la craie :

Les pièces molletonnées sont les mêmes que les pièces patron mais avec les valeurs de couture en moins ce qui permet de limiter les épaisseurs.

Système D, comme cette ouate n’était pas thermocollante, j’ai utilisé un tube de colle classique. Ce n’est pas l’idéal mais ça a tout de même fonctionné (habituellement on utilise de la colle temporaire en spray pour la faire adhérer le molleton au tissu) :


Les pièces sont prêtes. On les assemble ensuite au niveau des lignes d’épaule.
On assemble ensuite les pièces (l’une est juste entoilée, l’autre est entoilée & molletonnée) au niveau de la ligne d’épaule puis on presse au fer les coutures ouvertes.

Sur l’empiècement dos gauche (sans le molleton), on fixe une bride à 1 cm du bord. J’ai ici utilisé un élastique fin plutôt que la pièce patron prévue par la créatrice. Petite astuce : pour maintenir la bride en place, j’ai utilisé du scotch. Une fois que c’est cousu, on retire le scotch (qui s’enlève assez facilement).

Puis on assemble les deux empiècements endroit contre endroit en épinglant le bord intérieur (l’encolure) + les petites côtés (le milieu dos) :

On crante dans les arrondis, on dégarnit les angles, puis on presse au fer les marges de couture ouvertes (j’utilise ici un support en bois multifonctions bien pratique) :

On vient ensuite rabattre les empiècements envers contre envers puis on re-presse bien cet assemblage au fer :

On épingle ensuite le bord extérieur :

On effectue une piqûre de maintien dans les marges de couture. Au regard des épaisseurs, il y avait des endroits qui ne se superposaient pas correctement, alors, perso j’ai coupé l’excédent :

On trace ensuite à la craie ou au crayon effaçable les valeurs de couture de 1 cm (côté empiècement non molletonné) :

Puis on utilise le gabarit fourni pour tracer des lignes de repères :

On peut ensuite commencer à effectuer les premières surpiqûres… La créatrice propose une fiche « astuces surpiqûres » bien utile.

Pour obtenir des surpiqûres à peu près régulières, j’ai utilisé le pied de biche Pfaff 1/4 de inch qui permet de faire des lignes à 0,6 du bord. Dans le livret d’instructions, il est préconisé de faire des surpiqûres à 0,7. Du coup, j’ai au final une ligne de plus par rapport à ce qui est indiqué (idem pour la ceinture) :

Pour éviter d’avoir de vilains points d’arrêts, je n’en ai tout simplement pas fait. Pour ce faire, j’ai tout simplement rentré les fils sur l’envers et j’ai noué les fils ensemble. C’est ce que j’avais notamment fait sur ma veste Pilar. Côté endroit, je passe les fils sur l’envers grâce à une aiguille :

Côté envers, je noue les fils ensemble :

Je n’ai ainsi pas de points d’arrêt visibles sur l’endroit et c’est ainsi bien plus esthétique :

Côté envers, voici ce que ça donne :

Voilà pour ce modèle Bovary que je suis ravie d’avoir cousu. Cette expérience couture m’ayant plu, j’ai donc acheté un autre patron de cette marque. A suivre…




Bonjour Sandrine. quel beau travail. Je vais aller voir cette marque de patrons. Et merci pour toutes les astuces!
Merci Cécile, c’est une marque qui mérite en effet le détour.
Toute la beauté de ce modèle réside dans la confection du plastron et de la ceinture que tu as pleinement réussis. Tu ajoutes toujours un plus au patron, c’est ce qui rend tes vêtements tellement uniques.
Merci pour tous ces compliment Jalyla ! C’est vrai que ce matelassage apporte un cachet tout particulier à ce modèle.