Je suis allée visiter l’exposition qui se déroule actuellement (et jusqu’au 7 avril 2024) au Musée des Arts Décoratifs.

Pour info, l’entrée coûte 15€ : à noter que le billet donne accès à tout le musée ! Je vous recommande vivement d’acheter votre billet à l’avance, ça vous permettra ainsi d’éviter de faire la queue ! En ce qui me concerne je m’étais inscrite à la visite guidée d’1h30 proposée par le musée. Sachez que L’accès au musée se fait directement par l’arrière, au niveau du jardin des Tuileries.

Voici la description faite par le musée : « Dans la perspective des Jeux olympiques de 2024, le musée des Arts décoratifs de Paris présente jusqu’au 7 avril 2024, « Mode et sport, d’un podium à l’autre » une exposition qui explore les liens fascinants qui unissent la mode et le sport, de l’Antiquité à nos jours. Ce projet d’envergure révèle comment deux univers à priori éloignés participent des mêmes enjeux sociaux, autour du corps. 450 pièces de vêtements et accessoires, photographies, croquis, magazines, affiches, peintures, sculptures, vidéos mettent en lumière l’évolution du vêtement sportif et son influence sur la mode contemporaine. Jean Patou, Jeanne Lanvin, Gabrielle Chanel, Elsa Schiaparelli font partie des pionniers qui, pendant l’entredeux- guerres, s’intéressent à l’univers sportif et le retranscrivent dans leurs créations de haute couture. L’exposition montre comment le sportswear a permis de détourner le vêtement sportif de son usage spécifique pour l’intégrer au vestiaire quotidien. La question du confort, fil conducteur de l’exposition, permet de comprendre les raisons pour lesquelles le jogging et les sneakers sont devenus des incontournables de la mode, aussi bien pour le quotidien que pour la haute couture, de Balenciaga à Off-White. »

Je ne vous présente ici que les tenues qui m’ont plu ou marqué. J’ai repris les textes des cartels et autres informations affichées ici et là mais aussi quelques recherches faites sur le net. J’ai bien aimé le parcours qui est à la fois chronologique et thématique. On passe ainsi en revu plusieurs pratiques sportives depuis l’antiquité à nos jours : de l’élégance au confort en passant par l’émancipation des corps, la performance et l’inventivité. Allez, c’est parti pour la visite de cette exposition !

Nombre d’historiens situent la naissance du sport au XIXe siècle. Certains sports sont alors réservés à une élite qui profite de ces instants d’entre-soi : le sport est à l’époque considéré comme une pratique de détente, de divertissement. Ce n’est pas la performance qui compte mais bien le raffinement et l’élégance des tenues. Ce qui explique le choix de vêtements délicats & raffinés mais pas forcément pratiques et appropriés pour bouger…
Ce n’est qu’avec l’idée de compétition et de performance que des vêtements conçus spécifiquement pour le sport font leur apparition au XIXe siècle. Il faut cependant attendre les années 1920 pour que le marché du vêtement de sport connaisse une réelle expansion.
Sport, effort, confort ?
Le mot « sport » apparaît dans le vocabulaire français au moment où naît le sport au sens moderne avec ses codes : définition d’un terrain, de règles du jeu… Les médecins commencent à prôner l’exercice pour être en bonne santé. La gymnastique devient le moyen d’entretenir un corps en forme. Des manuels sur les bonnes postures sont publiés.

A la fin du siècle, des tenues relativement légères, composées de tuniques et de culottes, offrent une meilleure amplitude. Alors que le corset disparaît, c’est désormais le sport qui assure un corps mince et un bon maintien.
Voici deux tenues de gymnastique (blouse, short, ceinture) vers 1910 et 1957, en toile de coton. Ces tenues permettaient de réaliser des mouvements de gymnastique tout en conservant une tenue décente.

Il faudra attendre 1950 pour que le justaucorps apparaisse. Au début, celui-ci est assez ample à cause du tissu utilisé. Mais le développement des textiles synthétiques va autoriser des vêtements plus élastiques et désormais colorés. Dans les années 80/90, des personnalités comme Véronique et Davina incarnent cette mouvance, importée des États-Unis.

L’élégance avant la performance
L’Angleterre joue un rôle primordial dans le développement des sports, qui font partie intégrante de la bonne éducation dans les universités prestigieuses. Le tennis et le golf viennent par exemple d’outre-manche et sont des activités prisées de la bourgeoisie. A noter que le mot tennis vient du français « tenez ! » qu’on criait en lançant la balle.

Ensemble de tennis (corsage et jupe) vers 1885 – Coton, velours
La tenue traduit les codes de l’élégance des années 1880 avec sa taille fine et le volume rejeté vers l’arrière. Avec un effet légèrement raccourci, accentué par le plissé sur l’avant, elle dégage le pied pour des mouvements un peu plus aisé. On peut imaginer la difficulté de se mouvoir, de courir ou de lever les bras pour rattraper la balle : la distinction sociale prend le pas sur le souci de performance.

Ensemble de tennis (corsage et jupe) 1910 – Percale de coton filetée
On commence à voir des poches qui sont ajoutées dans les robes pour y ranger les balles.

Marguerite Broquedis, championne de tennis aux Jeux Olympiques de 1912 :

Ensemble de golf (corsage et jupe) vers 1880 – Coton
Le tissu est un coton imprimé avec des motifs qui évoquent des balles de golf. Il est en effet fréquent que les tenues sportives soient décorées d’un motif rappelant l’exercice auquel elles sont destinées.

Corset-ruban (de sport ou de maintien) vers 1905 – coutil de coton broché de soie
Le corset assure le maintien et affine la taille. Pour le sport, il n’est pas question d’abandonner le corset mais d’adapter ce dessous. Le corset-ruban est composé de baleines verticales, recouvertes de tissu qui structurent le corps. Elles sont reliées entre elles par des rubans de coton horizontaux. Ce système permet de laisser passer l’air entre les rubans et donc d’être plus à l’aise pour le sport. Le corset est agrafé sur le devant ce qui permet de l’enlever plus rapidement et toute seule :

Ensemble de croquet (veste, jupe, chemise, cravate et paire de manchettes) 1900 – Laine, soie, coton.
A noter que le croquet a fait une unique apparition aux Jeux olympiques, en 1900 à Paris. Le croquet est le premier sport où les femmes ont concouru aux Jeux olympiques.

Vous remarquerez que le blanc et le coton sont souvent utilisés. Pourquoi ? Le blanc peut être certes très salissant mais il peut surtout être lavé à haute température : il se lave donc mieux qu’un tissu teinté. Le coton qui est une fibre naturelle, légère et résistante, permet également d’être lavé plus facilement et à haute température.
Les premières chaussures de sport remplacent les chaussures de travail. Ici, elles sont munies de crampons pour le football, ce qui permet de mieux prendre appui dans le sol ou de ne pas glisser.

Ce concept va ensuite être grandement amélioré par l’allemand Adolf Dassler surnommé Adi, qui deviendra plus tard la marque Adidas. En 1954, l’équipe nationale allemande de football, chaussée par Adidas, remportera alors la toute première coupe du monde.

Petite anecdote : l’équipe nationale d’athlétisme d’Allemagne n’avait alors pas voulu se faire équipée de chaussures à crampons. Adolf Dassler décide donc d’aller voir l’athlète américain Jesse Owens qui pulvérisa alors tous les records lors des JO de Berlin de 1936 : il remporta 4 médailles d’or sur les terres de l’Allemagne nazie de l’époque en une seule édition des Jeux (100m, 200m, relais 4x100m et saut en longueur), un record qui resta invaincu pendant 48 ans. Cela permis ainsi à l’entreprise Adidas de faire sa renommée !
Rouler pour s’émanciper

Autre invention du siècle : le vélo qui permet l’adoption de nouveaux vêtements pour les femmes. L’américaine Amelia Bloomer porte un pantalon sous la jupe pour enfourcher son vélo. Elle donne son nom au bloomer, culotte très bouffante qui donne l’illusion d’une jupe. En France, on parle plutôt de jupe-culotte, se mouvoir aisément tout en respectant les normes vestimentaires, à une époque où le pantalon n’est pas encore acceptable pour les femmes.
Ensemble de cyclisme (veste, jupe-culotte, cravate) 1900 – Laine, satin, nacre

Ensemble de cyclisme (veste, jupe-culotte, guêtres, bottines) vers 1895 – Coton, nacre, cuir feutre
A noter que la jupe-culotte est un vêtement bien plus court que ceux portés par les femmes à l’époque mais qui a la décence d’avoir l’apparence d’une jupe.

Le cyclisme devient également un sport. Le fameux Tour de France commence en 1903 : les hommes adoptent des maillots tricotés et des shorts près du corps, plus aérodynamiques.
Les premiers vêtements de sport

Durant l’entre-deux-guerres, on commence à concevoir des vêtements de sport à proprement parler. Le survêtement, enfilé par-dessus la tenue pour réchauffer le corps avant et après l’entrainement devient un accessoire essentiel.
En 1933, la célèbre chemise Lacoste est lancée. La légende raconte que le joueur de tennis René Lacoste aurait découpé ses manches de chemise, trop contraignantes, donnant naissance au polo actuel. Il met ensuite au point le coton petit piqué qui absorbe la transpiration et laisse passer l’air. Les manches sont donc courtes, le col de chemise est conservé : en bord-côte, il peut être redressé pour protéger la nuque du soleil et apporte de l’élégance. On passera sur le fait que ce polo manque cruellement de repassage…


Le logo Lacoste : en 1923, René Lacoste se voit attribuer le surnom « l’Alligator » : son capitaine d’équipe lui aurait en effet promis une valise en crocodile s’il gagnait un match difficile. Lacoste perd la rencontre mais le surnom reste et devient le symbole de la ténacité du joueur sur le terrain. René Lacoste fait broder ce logo sur sa veste blazer qu’il porte avant les matchs.

En 1919, Jean Patou imagine pour la championne de tennis Suzanne Leglen, une robe plissée, particulièrement courte pour l’époque. Naît ainsi une vraie conscience de l’intérêt pour une marque d’associer son image à celle d’une sportive reconnue : les débuts du sponsor et de l’influence !

Survêtement en coton porté par l’athlète Gwendoline Alice Porter aux Jeux olympiques de 1932.
Suspensoir, 1920 – Jersey de laine : notamment utilisé par les jockeys, il devient rapidement un dessous masculin pratique pour de multiples disciplines. Il maintient les organes génitaux sans gêner les mouvements. Le jersey de laine assure l’élasticité pour accompagner au mieux le corps.

A l’eau ! De la baignade à la nage

Sur recommandation médicale, la baignade s’invite à son tour dans les mœurs. Autour de 1890, le costume de bain des femmes cache le corps et se porte avec un corset, pour barboter sans pour autant nager. Les hommes, eux, adoptent déjà des maillots une pièce, voire des shorts.
Agnès Beckwith et Annette Kellerman se font connaître dans des spectacles aquatiques à succès. Elles abandonnent le costume de bain encombrant pour adopter le maillot une-pièce, moulant et pratique. Ce manque de convenance et de pudeur choque. Pour adoucir leur image officielle, elles posent dans une tenue plus acceptable : des bas voilent leurs jambes…


En 1926, Gertrude Ederle, nageuse olympique, traverse la Manche à la nage en deux-pièces confectionnée par sa sœur, à une époque où ces maillots n’existent pas encore dans la mode. Elle est ainsi la première femme à traverser la Manche à la nage (en 14h39 et bat donc le record masculin !). Elle est sur cette photo enduite d’huile et de graisse pour braver le froid.

Grâce à la natation, le corps se dénude sur les plages et dans les nouvelles piscines municipales, faisant accepter le pyjama de plage dans les années 1930, puis le le bikini en 1946.
Ensemble de plage avec jupe et short interchangeables (Hermès), 1935 – Laine et lin. Je trouve cette tenue des plus élégantes et astucieuses !

Costume de bain, vers 1900. Sergé de laine, étamine de laine.
Vous remarquerez que ce costume de bain ressemble aux tenues de gym présentés plus haut.
Ce costume de bain (dont a couleur rouge est très prisée) est composé d’une tunique, ceinturée pour marquer la taille, portée sur une culotte. En sergé de laine, matière hydrophobe et donc appréciée pour la baignade. Il est relativement couvrant, pour des questions de pudeur mais aussi de coquetterie : on veut garder le teint pâle !


A gauche : Bikini, 1950 – Coton imprimé
Le bikini laisse le ventre visible mais pas le nombril. Plusieurs arrêtés municipaux le bannissent des plages et piscines avant qu’il ne gagne en popularité dans les années 1950-1960.
Au centre : Maillot de bain deux-pièces, 1930 – Maille de laine jacquard, jersey de laine :

Maillots de bain pour homme
Dès la seconde moitié du XIXe siècle en France, dans les lieux de baignade mixte, l’homme doit adopter un costume de bain qui couvre épaules, torse et cuisses. D’abord fait de deux pièces, il est concurrencé par le gilet-caleçon de bain : une seule pièce en jersey de laine ou coton. L’évolution vers le maillot sans manches est liée à la natation en tant que discipline sportive à porter des maillots pratiques. Ceux-ci se propagent sur les plages après la Grande Guerre.

Aujourd’hui, la natation est source d’innovation textile, au point que certaines combinaisons sont vues comme un dopage technologique…

Ici la combinaison LZR-Racer de Speedo : une matière technique à base de nylon et d’élasthanne : légère, déperlante, très gainante et lisse, elle réduit les forces de traînées rencontrées dans l’eau. Les différentes parties de la combinaison ne sont pas cousues entre elles mais soudées aux ultrasons, pour éviter tout relief.

Aux origines du sportswear
Dans les années 1920-1930, le sport est à la mode. Les grands couturiers participent à la création d’un style plus confortable et décontracté mais toujours chic. Le terme sportswear apparaît dans la presse dès 1928. Plusieurs caractéristiques : utilisation du jersey très prisé par Gabrielle Chanel (Chanel va populariser les ensembles de ville en tricot), des coupes donnant une plus grande amplitude de mouvement, un allègement général au quotidien.

La carte de visite Chanel incarne parfaitement cette nouvelle tendance des grands couturiers de l’entre deux guerres : la mode « couture-sport ».

Jeanne Lanvin : Robe de jour ou robe de sport, vers 1933 – Maille de fibres artificielles
Cette matière donne au tissu cet aspect alvéolé. Le tissu est coupé dans le biais, ce qui apporte de l’élasticité et donc du confort au vêtement. Ces éléments, comme la couleur blanche, rappellent les tenues de sport, et notamment de tennis, portées par les sportswomen de cette époque.

Ce sont aussi les débuts de l’automobile et de l’aviation…
Manteau cache-Poussière, vers 1900-1909 – Tussor, velours de soie, boutons de nacre
A ces débuts, l’automobile n’est pas parée de tout le confort que nous lui connaissons. La carrosserie est le plus souvent ouverte. La poussière et la vitesse entrainent le port d’un manteau dit à juste titre cache-poussière.

Pantalon-couverture, 1900 – Laine, cuir
Ce pantalon-couverture est formé de deux pans cousus ensemble simplement en partie haute. Chaque pan s’ouvre pour envelopper la jambe à l’aide d’un système de fixation, par-dessus les vêtements. Il protège du froid et du vent. Ce modèle ingénieux a reçu une médaille d’argent à l’Exposition universelle de 1900.

Glisser, de la glace aux trottoirs
Grâce au chemin de fer, les Alpes deviennent accessibles. Dès 1900, il est bon ton de séjourner à Saint-Moritz puis à Megève. Après 1918, le ski devient une occupation prisée par les nantis. L’ancêtre de la doudoune apparaît à la même période.

Tailleur d’alpinisme, 1900 – Denim, coton
En 1912, l’aviatrice et alpiniste Marie Marvingt conseille : « l’habillement le plus pratique consiste en une veste avec des poches larges et une culotte. » Pourtant, cet ensemble d’alpinisme rappelle les tailleurs de ville. La jupe trop peu raccourcie s’imprègne de neige pendant l’ascension et s’alourdit. On note tout de même des adaptations : boutons sur le côté qui permettent d’ouvrir la jupe pour de plus grandes enjambées, les mollets étant protégés et cachés par les bottes.

Ensemble de patinage, vers 1900 – Laine, velours
Comme pour l’alpinisme à ses débuts, les tenues de patinage sont quasiment identiques aux vêtements du quotidien. A la différence des autres sports, la jupe reste jusqu’à nos jours l’apanage de la patineuse. Jusqu’en 2006, les femmes n’étaient pas autorisées à porter de pantalon en patinage artistique…

Regardez l’ensemble de ski de 1930 (position n°2 en partant de la gauche) composé d’une veste, d’un gilet et d’un pantalon : le gilet matelassé de cet ensemble de ski est déjà proche de la future doudoune des années 1980 !


De droite à gauche :
Michèle Rosier : Blouson et fuseau de ski, 1970-1971 / Nylon matelassé, fausse fourrure
K-Way : Combinaison de ski et pull de moniteur du Club Med, 1988
Jean-Charles de Castelbajac pour Rossignol : combinaison de ski Snowllywood, 2005
Eiko Ishioka : combinaison de l’équipe canadienne pour les jeux olympiques d’hiver, 2002

Je trouve ce blouson vraiment très élégant :

Le sportswear comme nouvelle norme
Dans seconde moitié du XXe siècle, la pratique du sport se démocratise. Vers 1980, le sportswear connaît un véritable renouveau, il ne s’agit plus seulement de s’habiller de façon sportive mais de porter tout simplement les vêtements de sport eux-mêmes. Rapidement, il n’est plus nécessaire d’aller à la salle pour enfiler son jogging ou ses baskets. Le sport devient omniprésent dans la mode : des sportifs deviennent stylistes, des couturiers participent aux jeux olympiques en créant des costumes officiels.

André Courrèges : Sweat-shirt à capuche, 1975. Jersey de coton, broderie machine, plastique, métal.

Lacoste : survêtements, 1990-1993 – Polyester, polyamide, coton.
Lacoste développe sa ligne de survêtements dans les années 1980. L’adoption du jogging par les banlieues françaises dans les années 1990 interroge, avant que la marque n’embrasse la communauté hip-hop dans les années 2020.

Fila BJ : Survêtement, 1982 – Maille de polyester
Issu de la collaboration entre Fila et le joueur de tennis Bjorn Borg, le survêtement est orné d’un liseré blanc qui rappelle les lignes d’un court de tennis.

Sonia Rykiel s’intéresse dès les années 1960 au confort et à la liberté permise par les vêtements. Dans nombre de ses tenues, elle gomme les pinces, les ourlets, multiplie les superpositions et sublime la maille confortable. A la fin des années 1970, elle est l’une des première à faire défiler ses mannequins en jogging de velours, agréables au toucher, sur les podiums.
Au centre : ensemble de jogging, 1992 – Velours éponge de coton, polyester, strass ; sergé de coton, caoutchouc

Ted Tinling : mini-robe et culotte à volants de la joueuse française Françoise Dürr, 1967. Coton, nacre, fibre synthétique (culotte). Ted Tinling révolutionne la mode sur les courts de tennis : la joueuse de tennis dévoile sa culotte à volants et déclenche des hérissements.

Couleurs et logos

André Courrèges crée l’uniforme des placeurs pour les Jeux olympiques d’été à Munich en 1972.
Nylon plume doublé d’éponge :

La couleur et les logos ont rapidement un rôle important à jouer. Si elles permettent de distinguer une équipe, les couleurs ont aussi d’autres fonctions. Elles peuvent définir un rôle sur le terrain (l’arbitre traditionnellement en noir), donner un sentiment de puissance au sportifs (comme des gants de boxe rouge) ou a signifier une victoire (comme le maillot jaune du Tour de France).
Lacoste : polo prototype « édition super limitée », 2009. Coton, broderie mécanique de coton
Ici les designers Campana proposent un polo uniquement composé de crocodiles Lacoste cousus ensemble.

Eiko Ishioka : manteau de concentration, 2002 (jeux olympiques d’hiver de Salt Lake City). Polyamide, polyester. Eiko Ishioka crée des costumes ayant un impact psychologique sur les sportifs : elle imagine pour la délégation suisse un manteau de concentration : sa grande capuche est destinée à aider les skieurs à s’isoler avant les compétitions. Cette pièce singulière en mousse à mémoire de forme contient des poches intérieures permettant d’y loger un lecteur de musique.


Prêt, feu… mode !
La mode contemporaine
La scénographie de la dernière salle est superbe : on se retrouve dans la nef centrale qui est transformée en une piste d’athlétisme qui dévoile des créations inspirées du monde sportif réalisées par de grands couturiers : le sport devient une source d’inspiration pour les créateurs et les champions deviennent les égéries de grandes marques de mode.


Voici ma petite sélection…
Alexander McQueen : corset, jupe et bottes-prothèses portés par l’athlète handisport Aimee Mullins, 1999. Cuir, dentelle de soie, bois sculpté :

Amputée des deux jambes, Aimee Mullins est l’une des premières athlètes paralympiques à devenir la muse d’un grand couturier. Avec ces prothèses en bois sculpté, véritables œuvres d’art, elles donnent l’illusion de bottes victoriennes au point que les spectateurs ne remarquent pas immédiatement le subterfuge.

Jean Paul Gaultier : ensemble de boxe Poids Chiche, 1988. Crêpe de viscose, sergé de coton, velours de viscose au point de bourdon, satin de viscose, doublure en éponge bouclette :



John Galliano pour Christian Dior : Ensemble jupe, veste, gilet, chemise, 2010 – Laine et soie

Marie Grazia Chiuri pour Christian Dior : Veste, body et short, 2022
En 2022, Dior conçoit une ligne sportswear appelée « Dior Vibe » représentée par dix athlètes féminines internationales. Tenue inspirée des boxeurs.


John Galliano : Combinaison de plongée, pantalon, chaussures, 2005-2006
Mousse néoprène recouverte d’une maille lycra, toile de coton, peau de mouton retournée, cuir, fibres synthétiques, plastique moulée, skaï…


Jean Paul Gaultier, veste Football, 1987 – Cuir, manches patchwork de cuir effet damier football, laine

Rei Kawakubo pour Comme des Garçons, Robe, 2009 – Nylon, polyester

Nike, Combinaison noire portée par Serena Williams à Roland-Garros, 2018 – Polyester, spandex, Dri-FIT.
Combinaison qui suscita une grosse polémique…

L’Américaine avait surpris tout le monde avec sa combinaison noire inspirée du film Black Panther et qui lui fait se ressentir comme une « princesse guerrière ». Si elle avait décrit la combinaison comme « amusante et pratique », elle insistait aussi sur son côté médical puisqu’elle favorise « une meilleure circulation sanguine ».

Christian Lacroix, Justaucorps porté par Surya Bonaly pour l’épreuve de patinage artistique des Jeux Olympiques d’hiver d’Albertville, 1992. Tenue inspirée de la corrida. L’enjeu est important car le costume participe de la performance et de la notation.

Je me rappelle avoir vu ce costumes et cette performance à la télévision en 1992 (j’avais alors 16 ans !) : on était tous alors à se demander si allait réussir son quadruple boucle piqué ou pas… Il faut savoir que c’est la première femme au monde à réussir cette figure en compétition !


EleVen by Venus Williams. Tenue (débardeur et short effet jupe) portée par Venus Williams à Wimbledon, 2023. Nylon, élasthanne.

J’aime bien ce détail de coulisses qu’on vient nouer et qui donnent un joli drapé à la jupe :

Adidas, Maillot de Zinédine Zidane porté pour la Coupe du Monde de Football, 1998. Polyester. L’incontournable maillot de l’un des plus grands joueurs français de l’histoire de football. En 98, j’avais 22 ans… Cette coupe du monde ne m’intéressait pas du tout mais je me souviendrai encore longtemps de toute cette effervescence dans les rues de Paris. Vous aussi vous avez dansé sur le tube « I Will Survive » de Gloria Gaynor ? Et un, et deux, et trois zéro !

Lacoste par Déborah Amaral dite Freaky Debbie, Robe Polo couture, 2023.
Cette robe n’a été cousue qu’avec des chutes de polos Lacoste. Le tout a ensuite été disposé sur une structure en métal façon crinoline. Cette création a nécessité plus de trois mois de travail et de coutures à la main. Il faut savoir que la spécialité de Déborah Amaral est de détourner de produits de luxe avec lesquels elle imagine des pièces haute couture destinées à la scénographie comme ici pour cette exposition.

C’est cette robe qui a été choisie pour illustrer l’affiche de cette exposition. Vous l’avez peut-être remarqué, il y a pas mal de créations Lacoste dans cette exposition. Il faut en effet savoir que Lacoste en est le principal partenaire. René Lacoste a dit : « jouer et gagner ne suffit pas, encore faut-il maîtriser son style » et je trouve qu’il a bien raison !

Moi, posant fièrement devant cette robe Lacoste, vêtue de mon trench Burda et de mon sac Menuet de Sacôtin :

Puma, Olivier Rousteing pour Balmain et Cara Delevingne, 2019. Ensemble sweater et short. Polyester, broderies de cristaux, perles et sequins. Je n’ose imaginer le nombre d’heures et le nombre de personnes qui ont été mobilisées pour réaliser ce corsage intégralement brodé, c’est de toute beauté !

Adidas et Gucci, Ensemble blazer, chemise, jupe et bas de survêtement, sneakers, 2022-2023. Laine, coton oxford, polyester, cuir. Ils ont fait fort avec cette tenue qui mélange tous les styles, vous ne trouvez pas ?!

JW Anderson, Ensemble pull et pantalon, 2023. Un skateboard cassé imbriqué dans un pull, voilà qui est tout à fait portable, non ?!

Karl Lagerfeld pour Chanel, Manteau, pull-over, pantalon, mitaines et baskets, 2014-2015. Tweed de laine et mohair, maille de laine et angora, cuir, tweed fantaisie ou comment associer du classe avec du grunge…

Et on finit cette exposition par la copie de la victoire de Samothrace habillée d’une robe de 7 m de long conçue par Nike & Koché et réalisée pour la coupe du monde féminine de football France en 2019 :

Sachez que votre billet donne accès à tout le musée : profitez-en pour visiter l’exposition consacrée à Iris Van Herpen : j’ai été littéralement éblouie par toutes ces merveilles et bluffée pour tout ce savoir-faire, tout ce processus créatif, tout ce travail de recherche et d’expérimentation. Je suis ressortie de cette exposition subjuguée et fascinée ! Article de blog à venir…


Bonsoir,aucun accès possible !!!!!! cordialement ELIANE GEVEAUX
Personnellement, je n’ai pas eu de difficultés pour y accéder…
Un vrai reportage que vous nous offrez là !
Je suis allée voir l’expo Iris Van Herpen pendant la période des fêtes et j’ai été époustouflée tant par la beauté des modèles et la poésie qui s’en dégage que par la maîtrise de toutes ces techniques . Moi qui était si sceptique voire agacée par la Haute couture laboratoire de mode , et bien , j’ai changé d’avis .
Bonne soirée
Époustouflée, c’est tout à fait le terme ! Je ne peux que confirmer !
expo magnifique sublimée par ton blog passionnant
Merci
annesophie
Merci beaucoup Anne-Sophie !
Merci pour ce beau partage !
Merci beaucoup !
Bonjour Sandrine, Merci pour ce bel article ! J’aime beaucoup cette mode d’il y a 100 ans : c’est super élégant. Et l’affiche de M Broquedis est très jolie.
Fourmi
Merci ! Oui c’était en effet d’une grande élégance !
Merci pour cette visite trop riche en savoir faire.
Merci ! Ravie que cette petite visite t’ait plu !
Merci pour ce partage si bien commenté et pour ce gros travail. C’est passionnant, j’ai beaucoup aimé et j’ai découvert plein de choses.
Alors c’est fabuleux, merci beaucoup pour ton message !
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