Si vous n’avez qu’une seule exposition à aller voir cette année, c’est bien celle-ci !

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Dans mon dernier article de blog je vous parlais de l’exposition Mode & Sport au Musée des Arts décoratifs. Sachez que ce billet vous permet également d’aller visiter « Iris van Herpen. Sculpting the Senses (et vice-versa). FONCEZ-Y : vous en prendrez plein les yeux ! Perso, j’ai été éblouie par toutes ces merveilles ! J’ai été littéralement bluffée pour tout ce savoir-faire, tout ce processus créatif, tout ce travail de recherche et d’expérimentation. C’est de la haute couture du futur avec des matériaux et des techniques complexes & hyper innovantes comme la découpe au laser, l’impression 3D, le verre soufflé, le plexiglas thermoformé… je suis ressortie de cette exposition subjuguée et fascinée.

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Cette rétrospective est présentée au Musée des arts décoratifs jusqu’au 28 avril 2024. Je ne connaissais pas du tout Iris Van Herpen. C’est une créatrice néerlandaise très talentueuse et visionnaire alors qu’elle est toute jeune (elle fêtera bientôt ses 40 ans). Elle a fait sa formation chez Alexander McQueen et a lancé sa propre marque à Amsterdam en 2007. Elle est aujourd’hui entourée d’une équipe jeune et internationale et collabore avec de multiples artistes, experts et autres scientifiques.

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Voici la description de cette exposition : « Cette exposition rend hommage à l’une des créatrices de mode les plus visionnaires de sa génération. Artiste à l’esprit foisonnant, Iris van Herpen se passionne très tôt pour le monde du vivant et la danse classique qui deviennent les éléments fondateurs de ses recherches. Elle transgresse les conventions du vêtement, ouverte tout autant aux savoir-faire traditionnels qu’à l’usage des nouvelles technologies. À travers une expérience immersive, cette rétrospective, célébrant l’approche pluridisciplinaire d’Iris van Herpen, s’articule autour de neuf thématiques présentant l’essence même de son travail qui fusionne mode, art contemporain, design et sciences. Allant du micro au macro, l’exposition interroge la place du corps dans l’espace, ses identités et notre avenir dans un monde en pleine mutation. Une sélection de plus de 100 pièces de haute couture réalisées par Iris van Herpen dialogue avec des œuvres d’art contemporain et des collections de sciences naturelles. Un parcours sonore spécifique a été créé par le designer sonore Salvador Breed pour vous immerger dans l’exposition. »

C’est parti pour ma petite sélection. Je précise que j’ai repris les textes des cartels et autres informations affichées ici et là mais aussi quelques recherches faites sur le net.

1. L’EAU ET LES RÊVES

Liquide, solide, gazeuse, l’eau apparaît régulièrement dans les créations d’Iris van Herpen, jusqu’à devenir le sujet principal en 2010 de la collection « Crystallization ». Bulles suspendues dans l’espace, éclaboussures transparentes, brume, vagues turquoise ou outremer, les œuvres aquatiques d’Iris van Herpen révèlent les mystères et les pouvoirs métamorphiques de l’eau qui se manifestent à travers tout un éventail de matériaux et de techniques, allant du verre soufflé au Plexiglas thermoformé, de la découpe laser au Suminagashi, technique japonaise de dessins marbrés à l’encre.

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Robe Water, 2010.
Cette robe est issue d’une étude sur l’immatérialité et le mouvement de l’eau. Elle est faite de vagues thermoformées à l’aide de pinces métalliques. C’est une robe réalisée comme une éclaboussure éphémère, pensée pour être portée comme un collier.

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Robe Geodesic Dome, 2016. Acrylique, silicone, coton.
Cette robe est composée de segments hexagonaux découpés au laser puis liés à la main un à un, par des tubes en silicone afin de créer des dômes géodésiques.

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Je n’ose imaginer le nombre d’heures passé sur cette robe…
Cliquez ici pour voir cette robe en mouvement !

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2. LA VIE DES PROFONDEURS

Sous la surface des océans demeure un monde invisible à l’œil nu mais pourtant fondamental à la vie sur Terre. En 2020, dans sa collection « Sensory Seas », Iris van Herpen s’empare de cet écosystème et du bestiaire planctonique, et à plus large échelle, des animaux marins pour dessiner les lignes et les textures de ses robes. Les êtres unicellulaires et la famille des hydrozoaires, dont les méduses, incarnent continuellement un ensemble des plus inspirants pour la créatrice.

Robe Hydrozoa, 2020. PetG (polymère thermoplastique), organza de verre.
Cette robe portée par Lady Gaga est formée d’une succession de feuilles en plastique découpées au laser puis thermocollées à de nombreuses couches d’organza de verre imprimé numériquement. Une fois en mouvement, la robe se déploie dans l’espace et rappelle la structure des coraux ondulant au gré de l’eau.

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Cliquez ici pour voir cette robe en mouvement !

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Robe Sensory Seas, 2020. PetG, organza de verre.
Robe également portée par Lady Gaga.

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Bustier Arachne, 2022. Fil de soie, acier inoxydable : elle est fabriquée à partir de matériaux upcyclés comme le mylar collé à chaud à de la soie synthétique blanche qui a été découpée au laser et brodée sur un bustier de tulle invisible. Cliquez ici pour voir cette robe en mouvement !

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Robe Mano-Maya, 2022. Crêpe découpé au laser, dentelle de Chantilly.
Cliquez ici pour voir cette robe en mouvement !

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Robe et coiffe Frozen Falls, 2018. Komou Koubou découpé au laser, organza, mylar, tulle.
Cliquez ici pour voir la robe portée !

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3. LES FORCES DU VIVANT

La fascination d’Iris van Herpen pour les formes issues de la nature, l’a amenée à réfléchir à la morphogénèse et aux forces créatrices aux origines du vivant. L’infiniment petit s’est imposé pour lui révéler la beauté d’êtres invisibles et lui ouvrir la voie. Mêlant les arts et les sciences, elle explore des terrains terrestres ou marins pour en décrypter les architectures et les textures. Sa préoccupation pour la préservation de l’environnement l’incite à éveiller notre regard sur le monde comme dans sa collection « Earthrise », où elle choisit de magnifier le plastique recyclé.

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Robe Gaia, 2021. Crêpe de chine, fil à broder, tulle.
Cliquez pour voir cette robe portée par la Reine Maxima (Pays-Bas) !

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Robe Foliagen 2018. Polymères imprimés 3D, jacquard de coton, tulle.
Cette robe évoque le feuillage végétal par ses formes et textures souples.

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Robe longue Empyrean, 2021. Plastique recyclé découpé au laser, coton, mylar.

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Robe en plastique recyclé découpé au laser, coton, mylar, tulle.
Cette robe est dotée de multiples couches de dentelle, découpées au laser dans du plastique trouvé sur les plages et dans les océans. Elle célèbre donc dans la transformation de matériaux issus de rebus, forme de métaphore du cycle de vie.

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Regardez-moi la finesse de ces découpes, c’est épatant !

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4. LE SQUELETTE INCARNÉ

Cabinets de curiosités et galeries d’anatomie sont des creusets fertiles d’inspiration pour Iris van Herpen. La créatrice analyse squelettes mais aussi muscles, tissus, fascias et réseaux pour proposer plus qu’un vêtement, une peau neuve à ses collections.

Robe Aerology, 2021. Silicone, tulle, crêpe découpé au laser, organza de verre, mylar.
Cette tenue, portée par Winnie Harlow, est composée de multiples éléments conçus à partir de silicone liquide et iridescent apposé grâce à des seringues sur du film miroir découpé au laser.
Combinaison en tulle  stretch noir, cousue comme une seconde peau. Cape en organza de verre.

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Robe Labyrinthine, 2020. Polyuréthane, organza de soie, mylar, tulle.

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Robe Futurama, 2022. Polyamide recyclé imprimé en 3D, argent, soie, organza, tulle.

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5. LA DYNAMIQUE DES STRUCTURES

Iris van Herpen s’intéresse à l’existence de toutes les structures qu’elles soient naturelles ou artificielles, organiques ou architecturales. Elle puise dans les singularités du vivant pour en extraire des écosystèmes, des processus de croissance, des interconnexions. Les champignons, à eux seuls un des règnes du vivant, composent ce monde à part, tissé d’enchevêtrements de filaments de mycélium, qui séduisent Iris van Herpen tant par la beauté de leurs réseaux que par l’intelligence de leur système génératif.

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Robe Luminous Lichen, 2021. Echo-cuir, georgette de soie, tulle.
Cette robe s’inspire du monde microscopique des lichens. Collée à chaud sur un corset couleur chair, la dentelle aux formes organiques contamine lentement et délicatement le corps pour se déployer en d’infinies racines fibreuses.

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Robe Ovidius, 2022. Polyamide imprimé en 3D, cuivre, organza de soie, tulle.
Robe Ars Amatoria, 2022. Crêpe, dentelle, organza de soie, mylar, cristaux Swarovski.

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Robe Entangled life. 2021. Organza de soie, tulle, fil de fer.

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6. SYNESTHÉSIE

L’intérêt qu’elle porte au cerveau et plus particulièrement à la synesthésie ou aux phénomènes complexes des états modifiés de conscience, comme le rêve lucide ou l’hypnose, lui permet d’étirer les frontières de la mode au-delà de la simple perception visuelle ou de l’expérience tangible du vêtement.

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Robe Bene Gesserit, 2021. Organza de soie, silicone, mylar miroir, tulle.
Robe composée d’un corset de couleur chair sur lequel des textures en silicone 3D sont moulées individuellement à la main.

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Robe Airbone, 2017. Crêpe découpé au laser, mylar, tulle.
C’est superbe, non ?! C’est si fin et délicat… ça a l’air léger comme une plume…

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Robe Dichotomy, 2019. Soie synthétique découpée au laser, mylar, tulle duchesse.
Jouant sur les troubles de la perception, elle emploie pour cette robe de multiples procédés afin d’obtenir des jeux d’optique des plus étonnants.

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Sur des panneaux de soie noire prédécoupés en forme de vagues, elle vient apposer de fines rayures blanches de soie imprimées et collées à chaud. L’ensemble est ensuite cousue main en couches successives à l’intérieur du vêtement.

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Robe Shift Souls, 2019. Komon Koubou découpé au laser, organza de soie, mylar.

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Robe et cape Hynosis, 2019. Satin duchesse découpé au laser, mylar, tulle.
Cette robe interroge les capacités du cerveau et ses allers-retours entre le monde du conscient et celui de l’inconscient. La technique ici utilisée s’appelle « Glitch » : la dentelle la plus fine est finement découpée au laser en milliers de « vagues d’harmonica » de 0,5 mm évoquant une danse d’échos frémissants :

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Par le biais d’un motif noir kaléidoscopique teinté sur du satin duchesse collé à chaud sur du mylar, puis découpé au laser en milliers de vaguelettes, la robe se transforme à chaque mouvement du corps. L’œil, ne pouvant suivre la vitesse de décomposition du motif, subit alors un effet cinétique, troublant les frontières entre corps et vêtement.
J’ai littéralement été scotchée par cette robe ! C’est impressionnant à voir…

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7. ATELIER ALCHIMIQUE

L’Atelier alchimique rend hommage au parcours d’Iris van Herpen à travers la présentation de centaines d’échantillons spectaculaires réalisés en collaboration avec de nombreux artistes, architectes, designers et scientifiques. Révélant les multiples processus employés par la créatrice, ces éléments sont tout autant issus des nouvelles technologies que des savoir-faire artisanaux.

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Sont exposées trois mannequins qui présentent les différentes phases de la création d’une robe : de la toile, au prototype puis à la finalisation :

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La toile : une robe en apparence simple fermée au dos par un zip sur laquelle sont épinglés les motifs : recherche des volumes et du positionnement des motifs.

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Si on regarde bien, on voit qu’il y a des pinces et des découpes au devant et au dos. Ce n’est donc pas aussi simple que ça en a l’air…

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Les motifs (ça ressemble à du flex) sont épinglés sur la toile :

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Le prototype 1/2 toile (ça semble être du papier) :

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La robe finalisée sur une base en tulle couleur chair :

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Ce qui m’intrigue pour chacune de ces pièces c’est comment tout peut tenir sur une base aussi fine que le tulle ? Avec le poids des matériaux même très légers, cela doit finir par s’affaisser, par tirer sur la matière, non ?! Je n’ai en effet pas l’impression qu’il y ait une structure en dessous pour maintenir le tout en place…

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8. CABINET DE CURIOSITÉ

Conçu à la manière d’un cabinet de curiosités du XXIe siècle, cet espace reflète les multiples sources d’inspiration d’Iris van Herpen. Hétéroclite, cet ensemble révèle sa soif de découverte, son appétence pour des disciplines proches comme radicalement éloignées de la mode, son goût pour la richesse et la diversité de ce qui nous entoure. Représentation encyclopédique de sa carrière, ce cabinet synthétise son foisonnement créatif, son approche holistique, sa force à générer des connexions entre les mondes.

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9. MYTHOLOGIE TÉNÉBREUSE

Iris van Herpen a grandi en examinant avec intensité les figures fantastiques du peintre flamand Jérôme Bosch, mêlant alchimie, mysticisme et allégories. Elle en garde un goût certain pour l’hybridation et le foisonnement, questionnant pareillement la nature animale et la nature humaine, les fusionnant en des êtres chimériques.

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Robe Bird, 2013. Silicone Dragon Skin, coton, crânes d’oiseaux.
Robe portée par Scarlett Johansson. Iris Van Herpen s’intéresse à l’anatomie des oiseaux. Ici, cette robe évoque un plumage d’un autre monde : de fines feuilles de silicone découpées au laser et superposées en d’innombrables couches cousues main sur une base en coton ivoire. Trois crânes d’oiseaux viennent orner le vêtement…

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De plus près, on voit mieux les cranes d’oiseaux :

Jupe et collier Alchemic, 2008. métal, cuir, nylon.
Robe réalisée à partir de baleines de parapluie dorées disposées en arc de cercle puis cousues à la main sur des lanières en cuir. Avouez qu’utiliser des baleines de parapluie c’est assez inhabituel… Le résultat est assez bluffant, et puis quel travail…

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Robe Magnetic Moon, 2013. Résine avec particules de fer modelée par aimantation, coton.
Cette robe explore le pouvoir des champs magnétiques : la texture iridescente de la robe prend forme grâce à l’attractivité des siments. Au séchage, se dessine un paysage lunaire.

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Manteau Voltage, 2013. Mylar découpé au laser, microfibre.
Réalisée en collaboration avec l’architecte Philip Beesley, cette œuvre est certainement la plus emblématique de la collection du même nom, symbolisant à elle seule toutes les recherches menées par le duo sur la matérialisation des énergies électriques. La silhouette se met à vibrer de toute part une fois le corps en mouvement.

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On peut la voir ici en mouvement (même si ces vibrations ne sont pas flagrantes en vidéo…) :

10. NOUVELLE NATURE

Dans de nombreuses collections, les silhouettes d’Iris van Herpen viennent célébrer un nouveau concept de nature futuriste. En présentant des perceptions d’un avenir imaginaire, elle questionne avant tout les distinctions entre nature et artifice face à une société aspirée et fascinée par la présence croissante du virtuel. Fascinée par le monde de demain, Iris van Herpen fusionne les disciplines, les tissent les unes avec les autres, pour donner naissance à une nouvelle définition de la mode. Le vêtement, métamorphosant le corps en être hybride, incarne dès lors une vision futuriste de notre monde.

Robe Syntopia, 2018. Organza de soir, crêpe découpé au laser, mylar, acier inoxydable.
Cette robe s’inspire du mouvement des oiseaux capturé par la chronophotographie. Évoquant l’essence transformatrice des ailes, la robe s’élève grâce aux multiples pétales translucides en organza noir qui sont thermocollées à un halo blanc découpé au laser.

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Au centre :
Robe Heliosphere, 2021. organza de soie, silicone, mylar miroir, PetG, cristaux Swarovski.
Cette robe a été conçue pour Beyoncé pour inaugurer la tournée mondiale « Renaissance » en 2023. Elle a nécessité 12 personnes et 700 heures de travail pour créer 980 motifs en silicone argenté, cousus individuellement sur un tulle couleur chair. Cliquez ici pour voir cette robe portée par Beyoncé !

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Robe AV, 2013. Mylar mioir, coton.
Cette robe est composée d’un assemblage complexe de multiples plans triangulaires de mylar miroir. Disposé pour refléter la lumière environnante, l’ensemble s’appréhende, quand le corps se met en mouvement.

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11. VOYAGE COSMIQUE

Iris van Herpen montre, à travers l’exploration du cosmos, combien elle manie l’art de la synthèse, s’inspirant tout autant des dernières découvertes que de l’histoire des arts et des sciences. Le cosmos et ses mystères entretiennent son imaginaire et avivent sa créativité. Les couleurs flottent, s’animent et offrent de nouveaux horizons pour les corps en lévitation. Appréhender le cosmos, c’est pour elle bouleverser l’ordre des choses et prendre de la hauteur. Le monde devient un tout au-delà de la seule planète Terre.

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Robe Oceanix, 2023. Microfibre découpée au laser, polyuréthane, organza de soie, crêpe, fibre de verre.
Cliquez ici pour voir cette robe en mouvement !

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Robe Holobiont, 2021. Plastique, tulle.
Réalisé à partir de plastique upcyclé trouvé sur les plages et dans les océans, ce vêtement, imprimé numériquement, se développe sans couture offrant un système d’interstices transparent laissant fragilement percevoir la peau. Corps et vêtement ne font plus qu’un.

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Voilà pour cette exposition qui ne nous laisse clairement pas indifférents. Je suis littéralement fascinée par ce savoir-faire, toutes ces matières dont j’ignorais l’existence et surtout toutes ces expérimentations réalisées avec des technologies de pointe grâce à la collaboration avec des professionnels très variés (architectes, scientifiques, informaticiens, biologistes…). J’étais loin d’imaginer que tout cela fut possible… Aujourd’hui la mode c’est aussi une affaire de science, d’art, d’innovation, de créativité, de nouvelles technologies… J’ai hâte de découvrir ce qu’Iris Van Herpen prévoit de créer dans les années à venir !

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De nombreuses célébrités ont été séduites par ces robes élaborées et originales qui sont à mon sens des œuvres d’art et de technologie, telles des sculptures : Beyoncé, Lady Gaga, Cate Blanchett, Björk, Jennifer Lopez…

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Sur cette page, on retrouve toutes les « muses » d’Iris Van Herpen habillées de la plupart des robes que j’ai découvertes et admirées dans cette exposition :

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J’ai trouvé cette exposition à la fois envoutante & spectaculaire : ce sont des œuvres d’art d’une beauté hypnotisante. Tout du long, je me suis demandé comment techniquement étaient créées toutes ces magnifiques tenues… Il est clair qu’on sort du cadre de la couture traditionnelle, on n’est pas dans un atelier de couture mais bien dans un laboratoire alchimique qui a décidé d’investir dans la recherche et le développement de nouvelles matières. Certes, il y a encore beaucoup de travail à la main mais en fait ça relève beaucoup de la science et des nouvelles technologies… Par exemple, grâce au soudage par ultrasons, l’atelier crée des coutures sans couture, en utilisant des vibrations acoustiques et des sons aigus pour relier les molécules du matériau… C’est fascinant, non ?!
Au cours de la visite, on peut visionner une vidéo qui explique dans les grandes lignes le processus de création : on y voit la créatrice, les ateliers mais aussi les petites mains. C’était hyper intéressant de voir de quelle manière ces tenues sont conçues puis travaillées.

Voici quelques vidéos trouvées sur YouTube qui vous donneront un aperçu et donc une meilleure compréhension de l’élaboration des collections d’Iris Van Herpen :

Pour finir cet article, je vous laisse avec cette citation d’Iris Van Herpen : « La 3D me permet de faire des choses irréalisables à la main. La mode, c’est un message à soi-même, une photo de nos états d’âme. Mon ADN est un mix entre l’artisanat traditionnel et l’innovation. Les combiner, c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour matérialiser des idées impossibles. »