La veste fait indéniablement partie de ma garde-robe, J’adore en porter ! Hélas, cette version-ci n’en fera pas partie…

Il s’agit du patron de la veste Julia de Clématisse Pattern. Un modèle proposé au format PDF (11 €) mais aussi au format Pochette (16 €) qui a pas mal été cousu comme en témoigne cette page instagram.



Voici la description faite par la créatrice : « Le patron de la veste Julia est dessiné dans un esprit intemporel pour devenir un indispensable de votre garde-robe en toutes saisons. Une veste de tailleur droite à porter en look avec un short, une jupe ou un pantalon… Un grand col plongeant féminin et un simple boutonnage à la taille. Un modèle à réaliser dans de nombreux tissus souples ou moyennement souples, jouez sur les couleurs et les imprimés pour la personnaliser à votre style. Démystifier le montage d’une veste tailleur à été une priorité en choisissant minutieusement des techniques de montage simples. Apprenez à faire un joli col avec la technique du col châle et accompagnée du tuto video. De simples rabats de poches viendront habiller le devant et feront illusion ! Vous aimez porter vos manches remontées pour un look dynamique, retrouvez l’astuce de montage en fin de tuto pour un effet manches retroussées permanent. »
Voici le schéma technique :

Ma version sur cintre :

Les marges de couture sont incluses (1 cm pour l’assemblage, 3 ou 4 cm pour les ourlets) ainsi que les lignes de couture. Elles apparaissent en effet sur le pièces patron, chose assez rare pour le signaler ! Il est écrit ceci : « la ligne intérieure en pointillée est celle à suivre pour coudre, ainsi vous visualisez la valeur de couture prévue ». Si vous imprimez votre patron au format A4, alors c’est nickel car il y a un système de calques de tailles qui vous permet de n’imprimer que la ou les tailles choisies. Par contre, si vous imprimez comme moi votre patron au format A0 et qui plus est en noir et blanc et bien ça devient tout de suite bien plus compliqué car toutes les tailles seront alors affichées (en tout cas chez mon imprimeur), idem pour les lignes de couture ce qui rend le découpage des pièces patron ultra périlleux. Si j’avais imprimé ce patron en couleurs, peut-être que ça m’aurait facilité la tâche mais là, en noir en blanc, c’était franchement difficile de savoir si je coupais mon patron sur la bonne ligne ou non…
Je vous le dis tout de suite, cette veste est un fail pour deux raisons :
1/ La coupe de cette veste est bien trop ample à mon goût, j’ai en effet l’impression de porter un manteau plutôt qu’une veste

Et de dos, c’est vraiment affreux…

2/ J’ai choisi un tissu qui ne fait pas du tout le job : erreur de casting ! Non seulement il fait très bas de gamme (on dirait du Made in China !), il marque tous les défauts et en plus c’est un blanc très blanc qu’on appelle « blanc optique » et moi ça me perturbe car il tranche vraiment trop avec ma garde-robe cousue main. Dans le magasin, quand je l’ai acheté, je ne m’en suis hélas pas du tout rendue compte.. Saviez-vous qu’il existe plusieurs nuances de blanc : blanc optique, blanc de lait, blanc opalin, blanc d’Espagne, blanc cassé, ivoire, écru, crème, champagne…
Conclusion : je ne porterais pas cette veste. Je ne suis d’ailleurs pas allée jusqu’au bout de cette réalisation couture. Je n’ai en effet pas cousu la doublure comme prévu par ce patron. J’ai tout de même soigné les finitions en surfilant toutes les marges de couture et en réalisant tout le glaçage nécessaire. Mais voilà… J’ai beau tourné le truc dans tous les sens, cette veste ne me plait en l’état pas du tout notamment à cause de ce tissu qui fait vraiment trop cheap… C’était un coupon de 3 mètres acheté 9 € dans la boutique Stop Tissus. Ce doit être un mélange polyester/coton mais il y a à mon avis bien plus de polyester que de coton…
Côté tailles, ce patron est proposé de la taille 34 à 52 (les tailles 50 et 52 ne sont qu’au format PDF).

D’après ce tableau, j’ai opté pour coudre intégralement la taille 36 et verdict, ça taille graaaaaaaaaaaand ! J’aurais dû la coudre deux tailles en dessous (sauf que la taille 32 n’existe pas et puis en même temps, ça me paraitrait bizarre de coudre si petit…).

A noter qu’il n’y a pas de tableau avec les mesures du vêtement fini. C’est dommage car on aurait ainsi pu se rendre compte de l’aisance qui a été apportée à ce modèle. Pour moi il s’agit plus d’un manteau que d’une veste tant il y a de l’aisance au niveau du corps mais aussi au niveau des manches. C’est certainement une veste qui se veut être dans la tendance du moment, mais moi je préfère nettement les coupes un peu plus ajustées. Question de goût tout à fait personnel…
Côté niveau, il est écrit : « Pas de difficulté technique, modèle tout à fait accessible aux débutants ». Alors très franchement moi je dirais plutôt que ça s’adresse à un niveau intermédiaire très motivé car il y a tout de même plusieurs points techniques à gérer : le col châle, la doublure et les points à la main. Coudre cette veste demande du temps et de la minutie, elle ne se coud pas en deux temps trois mouvements.
Le livret d’instructions est joliment mis en page, je l’ai trouvé clair et suffisamment bien illustré pour moi.
Petit bémol tout de même pour :
> Les points à la main qui ne sont pas expliqués et je doute fort qu’un débutant sache glacer une parementure et des ourlets. Un tuto vidéo aurait été apprécié.


> Le montage du col tailleur qui aurait mérité à mon sens un peu plus de précisions et de schémas car le livret technique est un peu léger sur ce point. Je me mets en effet à la place d’un débutant qui se lancerait pour la première fois dans un col dans ce genre. Heureusement, Clématisse Pattern y a pensé en proposant une petite vidéo YouTube qui montre la procédure à suivre.
J’ai suivi les recommandations pour l’entoilage mais si c’était à refaire, j’entoilerai en plus des parementures : les ourlets du bas de la veste et l’ourlet des manches, histoire de donner davantage de tenue mais aussi pour renforcer ces parties.
Cette veste ne se porte qu’avec épaulettes. Si on ne les met pas, alors la ligne d’épaule s’affaisse, ce qui rend cette veste encore moins esthétique visuellement…
Voici des photos sans épaulettes :


Avec épaulettes :


Il y a des pinces de taille au devant et une découpe qui permet d’y insérer des rabats de poche. Je précise que c’est purement décoratif car il n’y a en réalité pas de poche. Je les ai surpiquées en me disant que que ça allait apporter quelque chose mais au final pas vraiment…






Au dos, il y a une couture au milieu dos et des découpes princesse. J’ai souligné toutes ces découpes en les surpiquant mais là encore, ça n’apporte pas grand chose.




Le col châle me plait bien. Je le trouve bien patronné.





Il est conseillé d’effectuer une sous-piqûre, ce que j’ai fait. Le col se positionne ainsi bien sur l’encolure : il roule vraiment joliment. Je vais garder cette astuce en tête pour le prochain !


Voici le col côté dos extérieur :


Côté devant avec la parementure dos :

Côté couture, qui dit col châle dit crantage. C’est une étape qui demande minutie et précision pour avoir ensuite de beaux angles.



Il ne faut pas hésiter à tracer les repères, ça aide grandement.

Voici une vue sur l’intérieur du col, juste avant de le fermer.


Petit détail du pliage des marges de couture au niveau du crantage :

Comme vous pouvez le voir, les coutures sont ouvertes, ce qui permet ensuite de positionner les deux col l’un sur l’autre au niveau des marges de couture. Il ne reste plus ensuite qu’à glacer le col par une piqûre machine (le col ne bougera ainsi plus) :

Les manches sont de type tailleur, donc en deux parties et comme indiqué plus haut, elles sont bien trop larges à mon goût.



Je n’ai pas cousu la doublure prévue par la créatrice. Les coutures sont donc simplement surfilées.





Voilà pour cette veste qui partira dans ma boîte « Archives couturesques ». Je prévois de recoudre cette veste dans un tissu plus épais genre denim. J’en profiterai également pour effectuer quelques modifications. Affaire à suivre !




Quel dommage ! Tout ce travail pour une déception .
J’ai eu moi aussi des déboires avec un patron de combi de cette styliste bien trop ample pour mon 34 habituel . Je lui avais demandé s’il était possible de rétrécir la largeur des jambières sans toucher à la fourche . Elle m’a très courtoisement répondu que oui , m’expliquant même comment faire . Ce fut néanmoins un échec . Tout était trop ample de partout . Je crois qu’elle modélise pour des femmes plus grandes et autres qui ne sont pas des crevettes de mon espèce .
Bonne soirée
Claudine
Merci pour ton retour chère Claudine, c’est intéressant de savoir que la créatrice a été à ton écoute. C’est rare !
C’est dommage car la c’est donné envie !
Je suis d’accord avec toi, ce blanc est très très blanc ! Je le trouve encore plus blanc sur photo que dans ton podcast.
Au moins on saura maintenant qu’il y a plusieurs sortes de blancs !
Voilà c’est ça ! Au final, on n’a jamais fini d’apprendre !
Bonjour Sandrine,
Travail rigoureux et soigné comme toujours avec toi, mais c’est bien dommage que la coupe ne te convienne pas )-:
Ahhh ce n’est pas toujours évident de juger d’un vêtement fini.
En ce moment, je couds une robe ajustée McCall’s, alors que je n’ai jamais cousu cette marque. Je m’en suis sortie en mesurant très scrupuleusement chaque pièce du patron pour les comparer à mes mensurations + aisance, et j’ai aussi lu tous les commentaires de ce modèle sur le site « pattern review » : les intervenantes y donnent énormément de conseils et astuces.
Toi qui couds du Burda, il y a pas mal de modèles présents sur ce site.
Effectivement, il y a beaucoup de blancs, et j’ai découvert que les artisans peintres parlent aussi de « blancs colorés ». Pour ma part, j’aime le blanc mais pas le blanc « optique » : je le trouve agressif pour la vue (d’où son nom « optique » ?!). Je préfère le blanc dit « cassé ».
Et bien, quelle ténacité, bravo à toi ! J’aurais également dû mesurer mon patron papier, ça m’aurait évité bien des déconvenues… je te rejoins sur la notion de blanc
Bonjour Sandrine et merci pour ta réponse
… Oui, tout mesurer, bâtir + essayer avant de piquer, ça me réussit assez et je n’ai jamais eu de déboire. J’achète des tissus d’un rapport qualité/prix plus que correct dans les 6-10 € le m et couds une dizaine de projets par an. Comme je suis assez classique et constante dans mes goûts (et que je surveille mon tour de taille !) je prends mon temps parce que je porte mes réalisations de nombreuses années : l’été je porte encore un ensemble Burda en lin cousu il y a plus de 15 ans.
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